Stellendam – Hoek van Holland (50km)

 

11h du mat, réveil tardif au camping !  On émerge doucement tout en repliant la tente et en rangeant les fontes. Il fait grand soleil et personne ne sait encore qu’on est là. On se fait à manger en vitesse avant de déguerpir… La sortie du camping donne sur l’arrière, et évite la réception, parfait pour nous ! Sarah appuie sur le gros bouton commandant l’ouverture de la barrière, et on démarre… direction Hoek Van Holland, où notre ferry pour l’Angleterre nous attend.

Le paysage n’a pas beaucoup changé, toujours des petites villes bien propres, des mouettes, des éoliennes, et d’énormes ponts et digues permettant de traverser les bras de mer. Notre première étape de la journée est Rozenburg, une ville portuaire importante, si l’on en juge la longueur de son écluse. Plus loin, un énorme pont mécanique nous permet de rejoindre le quai du bac qui doit nous conduire à Maasluis, sur la rive opposée.

La traversée dure quelques minutes à peine, mais le bac n’est pas bien gros et les automobilistes doivent presque faire la course pour pouvoir y caser leur voiture. Ce sont finalement les tracteurs et leurs meules de foin qui parviennent à s’imposer les premiers sur le pont.

Le bac nous dépose juste de l’autre côté du « Nieuwe Waterweg ». Il ne nous reste plus qu’une vingtaine de kilomètres le long du grand canal pour arriver à Hoek Van Holland. Mais le vent souffle de face, et nous n’avançons pas bien vite… On préfère s’arrêter tous les 100m pour photographier tantôt le paysage, tantôt les animaux. Maasluis est un vrai paradis pour les cygnes, qui voguent par centaines sur l’eau calme du canal.

Nous voici à Hoek van Holland (traduction littérale : coin de Hollande), le ferry n’est pas encore parti, mais nous apprenons qu’il y a un supplément cabine obligatoire sur les ferrys de nuit. Le prix de nuit est presque doublé par rapport à la traversée de jour. Trop cher pour nous, nous attendrons demain matin. En attendant, essayons de trouver un camping, et allons manger un bout

Sarah a envie d’une pizza, mais pas facile d’en trouver une dans le coin, la ville est remplie de gens un peu bizarres, comme s’ils étaient tout juste sortis du coffeshop le plus proche. On finit par tomber sur un petit resto italien sympa, et à la pizza acceptable. On y engage la conversation avec plusieurs clients : un anglais qui critique notre périple, qui ne comprend pas pourquoi on ne le fait pas en voiture, deux français très sympas qui passent la semaine à Hoek pour une régate, et enfin, Théo et Lianne, deux locaux, qui sont intéressés par notre voyage, et qui finissent par nous proposer de camper chez eux.

Ils nous écrivent l’adresse sur un bout de papier, et nous indiquent vaguement la direction à suivre. Ils nous rejoindront d’ici une heure, lorsqu’ils auront fini leur repas… Corredje ! Encore quelques kilomètres et nous pourrons planter la tente !

Pas facile de trouver l’endroit, heureusement qu’on tombe sur un cycliste sympatique, équipé d’un gps, qui fait un détour pour nous accompagner jusqu’à la maison des De Kruik. Les élastiques retenant les bagages de Jérôme sautent sur une bosse, et tout vole par terre dans le noir. Plus de peur que de mal, les fontes sont toujours accrochées, et le portable est en bon état.

Arrivé chez les De Kruik, on sonne à la porte. Ils ne sont pas encore rentrés, mais, par la fenêtre du salon, on aperçoit une fille de notre âge qui regarde la télé. Dès qu’elle entend la sonnette, elle prend peur et file se cacher dans la cuisine. Jérôme a beau sonner et toquer plusieurs fois.. rien à faire ! Il faut dire que la maison est perdue au milieu d’immenses serres agricoles, et qu’il n’y a quasi aucun voisin…

On sonne donc sur le fixe de la maison et on  lui explique le problème… Elle comprend direct, s’excuse en rigolant, et nous fait entrer. Les de Kruik reviennent quelques minutes plus tard, ils nous montrent où monter notre tente, nous fournissent même une allonge pour recharger nos batteries, et nous invitent à boire un petit soft à l’intérieur avant d’aller nous coucher. La conversation est agréable et c’est tout détendus, que nous fermons les zip de nos sacs de couchage et nous endormons dans un coin du beau jardin de nos hôtes.