Hoek van Holland (NL) – Harwich (UK)

 

Doux réveil vers 9h30. Nous nous sommes bien reposés cette fois-ci ! Ce sont d’abord les enfants De Kruik, qui, intrigués depuis des heures par notre présence, viennent nous dire bonjour. Ils sont tout mimis ! Cathy, l’aînée, a huit ans, et Dany et Peggy, les jumeaux, quatre ans.

Nous remballons petit à petit nos affaires, pendant que les parents dressent la table du déjeuner dans le jardin. Un repas comme on les aime : pains de plusieurs sortes, œufs, fromages, thon mayo, fruits frais, céréales et confitures, le tout agrémenté d’un bon café bien chaud.
Autour de la table, les discussions vont bon train, on parle de tout et de rien, tout en jouant un peu avec les enfants. On en profite pour exposer notre projet plus en détail et son aspect « développement durable ». Les parents enchaînent sur l’éolienne qui se trouve juste en face de leur maison, ils nous confient qu’ils l’apprécient peu, principalement pour des raisons de pollution sonore et visuelle.

Après le déjeuner, on ligote les sacs sur les vélos pendant que Dany s’amuse avec notre appareil photo. Il mitraille et remitraille sans arrêt, tout ce qu’il voit, et semble y prendre beaucoup de plaisir. Voyez plutôt!

L’heure tourne, il est bientôt 11h30 et l’heure de quitter notre famille d’accueil approche. Les adieux débutent par un petit échange de présents, un porte-clefs avec des sabots de porcelaine pour nous, et un badge Let’s Ecocycle pour chacun des enfants. Tout le monde est très content, et, apres avoir remercié nos hôtes, nous leur disons au revoir, sans oublier de prendre la traditionnelle photo souvenir !

Et on remonte en selle, direction le quai d’embarquement ! Il ne nous reste que quelques kilomètres à parcourir quand c’est au tour de Jérôme de crever du pneu avant! Ces chambres à air « Joey’s Flat » ne valent vraiment rien ! Nous perdons un bon quart d’heure à une station essence avant de pouvoir de nouveau enfourcher nos montures pour foncer vers le ferry.

Une fois les vélos embarqués, nous pouvons enfin relacher la pression! La traversée dure environ 6h et la mer semble des plus calmes, beau temps oblige. Nous en profitons donc pour monter les vidéos et les pages web pour le site, un petit verre de vin à la main. (qu’on aurait plutôt dû éviter… hein Jérôme?). La « croisière » se passe sans encombre, un plein d’air marin pour nos poumons, et un vent de vacances à l’horizon.

20h15, heure locale, nous débarquons enfin à Harwich. Un beau coucher de soleil nous attend, mais pas le temps de rêvasser, il faut se concentrer sur la route. Pas encore l’habitude de rouler à gauche, prudence donc !

 

Après avoir peiné pour sortir du port, et nous diriger vers la ville, nous nous mettons de suite à la recherche d’un endroit où passer la nuit. La ville ne semble pas des plus accueillantes ni des plus sûres. Nous tombons sur un premier camping, où une ribambelle de marmots se ruent sur nous dès notre arrivée. Selon leurs dires, les tentes ne seraient pas acceptées ici. On demande quand même à voir le boss pour confirmation. 5 minutes plus tard débarque un gros molosse, au bide velu apparent sous un marcel trop court. Assez sèchement, il nous explique qu’il ne fait pas dans les tentes et nous renseigne vaguement un autre camping, un peu plus loin. Là-bas, même topo, sauf que c’est un gros panneau NO TENTS qui nous barre le chemin. Un garde de sécurité nous fait continuer notre route vers un troisième et dernier camping : le « Castle Inn », qui se révèle rapidement impossible à trouver, malgré l’aide de plusieurs personnes.

Heureusement qu’on tombe sur Joy, une écossaise, qui nous renseigne un peu mieux le chemin : « down the hill, to the roundabout, up the hill ». Ici, apparemment tout se trouve toujours de l’autre côté d’une colline. Elle nous note quand même son numéro de téléphone pour dormir dans son jardin au cas où nous ne trouverions pas.

Deux autres jeunes à vélo, qui cherchent la même chose que nous, rejoignent notre duo, et, quelques kilomètres dans le noir plus loin, on finit par tomber sur le « Castle Inn », une simple brasserie où la plaine de jeux sert aussi de terrain de camping à l’occasion. La nuit est facturée 7,5 pounds (11euros) , et il faut payer dès l’arrivée ! Pas de bol pour nous, on a oublié de retirer l’argent local, et Jérôme se voit obligé de partir en éclaireur à la recherche du bancontact perdu pendant que Sarah termine d’apprêter la tente. ¾ d’heure plus tard et quelques kilomètes de plus au compteur, Jérôme revient avec un billet de 2O pounds tout frais… Sarah, quant à elle, a fini par s’endormir.

Jérôme, en partant régler sa note, en profite pour boire un verre bien mérité, tout en discutant avec les gens du coin. Ils semblent intéressés par le projet, et se montrent plutôt accueillants, jusqu’au moment où, en allumant une cigarette au bar, Jérôme parvient à s’attirer les foudres de ceux-ci.  Tout le monde s’excite! « No smoking in here ! Out ! OUT ! » Et c’est donc à la terrasse que notre Jérôme va finir sa clope et son verre toujours plein. Il profite de ce moment de solitude, pour verser discrètement la moitié de sa bière tiède et plate dans un pot de fleurs fanées. Fatigué par le changement de pays, de culture et de mentalités, il part retrouver la douce Sarah, pour se réfugier dans le confort de ses bras endormis.