Kesgrave – Halesworth (60km)

 

Un bruit de tasses dans la cuisine! C ’est James… Ils sont fous ces anglais, debout un dimanche à 7h30! Jérôme n’a dormi que 3h et sent dès qu’il ouvre les yeux que la journée va être difficile ! On s’éveille en douceur avant de rejoindre nos hôtes sur la terrasse du jardin où la table du déjeuner est en train d’être dressée.

Au menu : café ou thé, céréales anglaises et pruneaux d’Agen ! Apparemment, tous les anglais ne déjeunent pas d’œufs et de saucisses ! On discute un peu, une douche rapide, une petite photo souvenir, et déjà on est prêts à repartir… On remercie nos hôtes qui nous avouent avoir eu, eux aussi, beaucoup de plaisir à discuter avec nous! Et c’est en remuant nos mouchoirs que nous voyons les visages de James et Carol s’effacer au loin…

Il est tôt, à peine 10h00, et nous sommes déjà en route. Ce n’est pas encore dans nos habitudes! Un rapide coup d’œil à la carte nous indique Beccles comme objectif du jour. Nous roulons vite, et vers 13h, nous avons déjà parcouru plus d’une trentaine de kilomètres. Nous nous arrêtons pour manger dans le parc du château de Fralingham. L’endroit est génial, et notre repas, simple et délicieux : semoule, concombres, tomates cerises et deux morceaux de poulet pané. On a envie de prendre le temps aujourd’hui… de digérer affalés dans l’herbe et de nous laisser dorer par le soleil.. Après tout, on est en vacances ! Mais on en profite quand même pour travailler un peu sur le site.

On est tellement biens qu’on en oublie presque l’heure, et il est déjà 16h30 quand nous reprenons la route vers Beccles !

Puis, sur le coup de 19h, on arrive à Halesworth, une petite bourgade perdue au milieu des champs. Une fois de plus, c’est le festival local qui nous accueille… un vrai festival cette fois-ci!

On rencontre un groupe de jeunes dans la rue, 3 filles et un rastaman, chanteur de Global Beat, un groupe qui se produit ce soir. On discute un peu et on en profite pour se renseigner pour un camping pour la nuit ! Il n’y a rien d’officiel dans le coin, mais ils nous proposent de faire du camping sauvage, à Foley, un terrain vague au milieu des bois. On se regarde Sarah et moi, puis on acquiesce. Après tout, c’est bien mieux que continuer à pédaler dans le noir. Les filles nous y conduisent, des vraies de vraies festivalières, à pieds nus sur les sentiers boueux des sous-bois. Le coin est à 10 minutes de marche à peine, est charmant, et super bien isolé : personne à la ronde… La police ne pensera jamais à venir nous y débusquer.

Au loin, la musique du festival rehausse encore la magie du lieu. On est entre deux idées de faire un feu de camp au milieu du terrain désert, et Jérôme part chercher de l’eau et du mais à griller au magasin du coin, pendant que Sarah fait le guet et monte la tente. Mais, sur le chemin, Jérôme croise deux policiers qui surveillent les bois (festival oblige) et se dirigent en direction de la tente. Peu de chance qu’ils aillent jusque là, c’est trop bien caché, mais il va falloir oublier le feu de camp du soir pour ne pas attirer l’attention !

Jérôme revient quelques minutes plus tard, la tente est montée, et l’eau frémit déjà dans la casserole. Au menu ce soir, pâtes au pesto et une tasse de cacao en poudre « Aéro »comme dessert. La nuit est tombée, le diner ne nous a jamais aussi bien goûté. Dans notre petit paradis perdu, on parle paisiblement avant de nous endormir tous deux, fatigués, mais bien au chaud dans nos sacs de couchage jumelés.