Norwich – Wells-Next-The-Sea (81km)

 

– « Knock, knock, can you wake up ? »
– « Où est ta montre Sarah ? Bordel, il est 7h30 ! »
C’est Michael qui nous réveille déjà ! On a du mal à émerger, mais on se force à s’habiller en vitesse et à descendre dans la cuisine, où Michael frais comme une rose, fait déjà la vaisselle de la veille en sifflotant… Mais où trouve-t-il toute cette énergie ?

« What do you want for breakfast ? »
On a le choix entre muesli, œufs, bacon, fruits,.. Jérôme se laisse tenter par des œufs, et Sarah du muesli.
-« How do you like your eggs, Jérôme? »
-« With bacon please! »
Jérôme frôle l’impolitesse! Il n’a pas compris la question de Michael, qui voulait juste savoir quelle cuisson il aimait pour ses oeufs… Ca fait marrer Sarah. Ca la change du Jérôme trop poli qu’elle a l’habitude de voir.

Sarah regrette son muesli, pas assez nourissant, surtout qu’elle en enlève les raisins, ce qui amuse beaucoup Michael : sa femme fait exactement la même chose!

Après le déjeuner, Jérôme part prendre une douche, pendant que Michael et Sarah étudient la carte, pour nous trouver une route agréable et un camping pour le soir. On a de la chance : Michael est actif dans une organisation de cyclistes et en connaît un paquet sur le sujet. Mais Michael doit partir travailler… et c’est à vélo qu’aux alentours de 9h, nous quittons tous les trois la maison. Après avoir remercié Michael pour sa précieuse hospitalité, nous mettons le cap sur Fakenham.

La piste cyclable est des plus agréables! Du plat pendant 15km, en passant par les sous-bois, et nous avançons vite!

A Deepham, (prononcer Di-fam) nous avons déjà parcouru une vingtaine de kilomètres. Alors qu’on casse la croûte sur la place du village, deux couples de cyclotouristes nous accostent. Ils viennent du sud de l’Angleterre, et roulent avec des tandems de 1950. Ils posent des questions sur notre matériel et semblent beaucoup apprécier notre projet.
– « Do it ’till you’re young », nous lancent-ils avant de nous quitter.

Après avoir avalé deux muffins du magasin du coin, nous reprenons la route vers Fakenham. Le chemin est encore long, et nos jambes commencent à se faire sentir. Jérôme force un peu trop dans les montées, et Sarah se plaint de ne pas avoir assez mangé.

Pour oublier notre douleur, nous nous mettons un peu de musique dans les oreilles, et là, ça va tout de suite mieux. Les paysages sont beaux, la route est en harmonie avec la nature, et même nos coups de pédale semblent s’accorder au rythme de ce qui les entoure.

Nous passons par Gerlich, un minuscule village où les habitants ne semblent pas très écolos. Partout aux fenêtres, dans les jardins, ou encore sur les arbres, on trouve des pancartes où l’on peut lire « No to wind turbines! » « 70% against wind farm! »… Et si c’était l’occasion de faire notre premier reportage sur le sujet ?

Caméra au poing, nous sonnons à quelques portes et interviewons quelques personnes, après leur avoir expliqué notre projet. Une seule répondra à notre appel, les deux autres ne préférant pas faire de commentaires sur la question.

 

Nous remontons ensuite sur nos selles et parcourons péniblement les quelques miles qui nous séparent encore de Fakenham. Les paysages sont superbes, des champs à perte de vue, la plupart du temps en cours de moissonage. Plus loin, on tombe sur un joli coin de campagne (petite rivière, herbe bien verte, cygnes et canards) où nous nous relaxons quelques instants avant de repartir.

On arrive ensuite sur une grand route, où Sarah va risquer sa vie pour sauver celle d’un pauvre petit lapin. Celui-ci est à moitié assommé au milieu de la route, ayant sans doute été percuté par une voiture comme des milliers de ses semblables. Sarah le prend donc dans le creux de ses mains et l’emporte dans un champ loin de là. Le lapin remercie déjà sa bonne étoile!

Enfin à Fakenham, et nous mourrons de faim ! Il nous faut manger une crasse en vitesse, histoire de pas perdre trop de temps! Un kébab pour Jérôme, et une pizza pour Sarah ! (Let’s Ecocycle, chap. 5, paragraphe 3 : « La vie pendant le voyage se voudra exemple de vie durable, avec consommation d’un maximum de produits locaux »). Mauvaise idée ! Nos estomacs pleurent dès la dernière bouchée, et c’est le ventre lourd et le corps un peu fiévreux que nous reprenons la route vers le Nord.
Un dernier arrêt à un supermarché pour faire quelques réserves (raisins, biscuits et chocolat) et en avant ! Direction Wells-Next-The-Sea, ou Wells-plage pour le profane, et contre le vent svp!

On y arrive sur le coup de 21h, juste à temps pour les dernières minutes du coucher de soleil. La plage est belle, avec des petites cabanes et des dunes sauvages au loin. Nous restons là un instant, avant de nous diriger vers le camping de la plage, où nous plantons la tente, pour 9£ la nuit. On s’endort, épuisés, sans même se déshabiller pour Jérôme…