Little London – South Cave (61km)

 

7h00 : le réveil sonne! A peine nous commençons à remballer nos affaires, que déjà, Sharon, nous apporte un petit café. Elle nous propose même de prendre une douche, et on part se laver à tour de rôle pendant que l’autre continue de replier le barda. A 8h30, nous sommes fin prêts, une petite poignée de main et une photo souvenir, et nous quittons notre nouvelle amie. Elle nous offre un petit lunch packet : sandwiches à la dinde, pommes, et sachets de mini-pizzas apéro… Un peu inhabituel, mais apétissant quand même!

Nous quittons donc le village de Little London, et pédalons en direction de Hull, notre étape du jour, mais il nous faut d’abord passer par Immingham, une ville de dockers, comme nous l’ont expliqué nos hôtes. Ici, tout n’est qu’industrie : port, usines de voitures, raffineries, etc. Même les boulangeries y sont différentes : adieu croissants et sucreries, place aux oeufs, au lard et aux pains saucisses! Un vrai déjeuner de bûcheron, ou plutôt de routier : les camions seront en effet nos seuls compagnons de route pendant plusieurs kilomètres.

Une fois sortis du trafic, nous nous accordons une pause sur une plaine de jeux presque désaffectée et avalons le lunch que nous a préparé Sharon en guise de petit-déjeuner. Sarah, dégoûtée par le beurre de son sandwich, se force pour le finir, tandis que Jérôme a déjà englouti le sien depuis 5 bonnes minutes…

Nous repartons assez vite. On se rapproche petit à petit de Hull et du Humber Bridge, le second plus long pont du monde (un pont japonais lui ayant récemment volé le titre du numéro un). La vue du Humber Bridge de loin est surprenante, on se croirait presque à Los Angeles. On s’arrête alors dans un coin calme pour se détendre et se réchauffer au soleil, couchés entre deux meules de foin et avec vue sur le Bridge.

Nous arrivons ensuite à Barton où, avant d’entamer la traversée du pont, nous traînons encore un peu dans les rayons d’un supermarché. On en ressort les bras chargés de gourmandises inutiles que l’on s’empresse de grignoter, mais on a encore faim. Voyant nombre de gens diner de fish & chips, on se dit qu’on se laisserait bien tenter nous aussi. Mais, ayant déjà pas mal dépensé en bêtises, on se contente d’une simple frite que l’on agrémente des échantillons de sauce fournis par notre amie Jane de South Thoresby. Il faut dire que les frites ont vraiment une sale gueule et, en tant que bons Belges, nous ne pouvons pas laisser passer ça: du sel et du vinaigre c’est tout ce qu’ils proposent ces Anglais! Même pas en rêve!

Après avoir perdu une bonne heure, nous entamons enfin la traversée du pont mais contre toute attente le temps se met à changer dangereusement. Le vent s’est levé et il commence à pleuvoir à seau.

Sur l’autre rive, après avoir lutté contre les éléments et pris quelques photos, nous passons en vitesse à l’office du tourisme, pour obtenir les cartes détaillées des environs. Mais la femme ne veut pas les photocopier !

– » It’s copyrighted sir ! », nous dit-elle.

C’est fou à quel point les Anglais ont peur de la loi et l’appliquent à la lettre. Elle finit quand même par nous donner une carte générale des alentours de la ville. On décide d’éviter Hull, et de se diriger directement vers York. Le chemin commence dans les bois, les premiers kilomètres sont des plus agréables, avec le vent dans le dos, et la pluie qui s’est arrêtée. On avance vite, et on reste confiants: York ce sera pour ce soir!

Mais la carte nous trahit, et à plusieurs reprises… On perd un maximum de temps à devoir faire demi-tour plusieurs fois, jusqu’à ce que Sarah s’énerve et accuse Jérôme de n’avoir aucun sens de l’orientation! Mais il faut dire que la carte n’est pas super claire, d’ailleurs personne n’arrive à la lire, pas même les habitants qui la tournent dans tous les sens pour finir par nous donner de fausses indications. Quand on arrive à South Cave, à 1/3 de la distance Hull-York, on en a vraiment marre!

La carte mentionne un camping dans le coin où on pourrait s’arrêter pour la nuit, mais personne ne semble connaître l’endroit! Au pub du coin, on finit quand même par nous renseigner un terrain de caravanes où ils accepteraient les tentes… mais il est encore loin, avec une grosse côte à se taper et la pluie qui « rattaque ».

Un peu plus bas dans la petite ville, des dizaines de personnes se disputent une partie endiablée de « BOWLS », le sport national du 3e âge, une sorte de pétanque, mais sur gazon! On accoste alors une dernière personne, et la chance tourne! Marianne nous indique un camping à proximité, et nous propose, au cas où le camping n’accepterait pas les tentes, de la retrouver ici dans une heure (après qu’elle ait fini son sport quotidien), et de camper dans son jardin. On va voir jusqu’au camping: 10£ pour la nuit! C’est correct comme prix, mais Marianne seems so sympathetic ! et on aime tellement rencontrer les gens… En attendant notre future nouvelle amie, on attaque l’apéritif : une petite soupe chinoise cuîte sur une table de pique nique du centre sportif. 30 minutes plus tard, Marianne est de retour! On lui explique pour le camping, et elle nous coupe directement.

« Aucun problème, ne vous justifiez pas! J’ai même une bonne nouvelle pour vous, vous allez dormir dans un lit ! », nous dit-elle, l’air heureuse de nous accueillir sous son toît.

On a du mal à cacher notre joie en poussant nos vélos derrière Marianne, qui nous conduit jusqu’à une coquette petite maison. Steve, son mari, nous accueille avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il nous invite à ranger les vélos dans le garage et monter les bagages dans notre nouvelle chambre. Le couple est aux petits soins avec nous, nous accueillant comme si nous étions leurs propres enfants! On se sent directement à l’aise avec eux, et nous passons un très bon moment à parler (et manger) en leur compagnie. Steve, qui a un air de George Clooney, est un ingénieur mathématicien retraité qui continue à donner des cours particuliers aux enfants. Marianne est femme au foyer. Ils sont tous deux dingues de voyages et sont d’ailleurs en pleine préparation d’un grand road trip aux USA. Une autre bonne nouvelle est que Steve est aussi fan d’informatique, et dispose d’une connexion Internet sans fil, ce qui est très rare pour un anglais, croyez-nous! S’ensuit alors une très longue séance de travail sur Internet, entrecoupée de discussions autour d’une tasse de café. Ca prend un temps fou d’uploader les vidéos, mais Jérôme veut finir le tout aujourd’hui, il s’excuse encore et encore de monopoliser l’ordinateur de Steve, lequel lui fait comprendre qu’il n’y a pas de problème ! Pendant ce temps-là, les femmes s’ennuient et mangent des biscuits (les fameux Hob’Nobs, prononcez HoubNoubs, dont Sarah va très vite devenir accro) pour s’occuper tout en buvant leur café. Vers minuit, tout est fini, le site est mis à jour, et tout le monde se quitte dans la bonne humeur, après s’être souhaité la bonne nuit. Jérôme et Sarah s’écroulent dans leurs lits, sans même regarder la télévision que Steve et Marianne leur avaient proposé d’allumer… Chacun un matelas et une bonne nuit de repos pour les muscles, on l’a bien mérité…