York – Sutton on the forest (22km)

 

Réveil à 8h au camping du « warden fou ». Il drache toujours dehors et on se rendort quelques heures en espérant que cela se calme un peu. Vers 10h30, on ose enfin passer une tête dehors pour déjeuner. On décide de faire une machine pour nos vêtements sales, ainsi qu’un séchoir pour nos chaussures toujours trempées de la veille. Le patron du camping est de nouveau désagréable, il nous somme à plusieurs reprises de bien partir avant midi, sans quoi on payera d’office une nuit supplémentaire. Mais la machine à laver est occupée, et nous allons devoir attendre qu’elle se libère… Jérôme commence à démonter la tente humide, tandis que Sarah reste au lavoir pour lancer la machine.

A 12h30, le linge tourne toujours et nous recevons la visite du gardien qui nous reprend, presque de force, la clé des toilettes et des douches, et nous ordonne de nous dépêcher ! 2 heures et quatre séchoirs plus tard, avec quelques passages à la réception, tantôt pour obtenir de la monnaie, tantôt pour se faire ouvrir les jocks, nos vêtements sont enfin secs ou presque et nous déguerpissons du camping, bien contents de quitter un endroit aussi peu hospitalier! Il est plus de 14h, on a toujours pas mangé! Si bien qu’après un saut à la pizzeria pour prendre le livre de camping, on s’arrête à la gare où on dévore un Burger King comme deux malheureux, assis sur un banc du hall d’entrée.

On est presque prêts à repartir, juste un dernier tour dans la ville, et un petit café à l’Orgasmic, le bar à cocktails branché du coin. Sur la terrasse ensoleillée, le long de la rivière, on capte le réseau-wifi du café, et on en profite pour répondre à quelques mails et mettre le site à jour… (et pendant que j’écris ces lignes Sarah cherche sur couchsurfing.com, pour espérer trouver un logement quand nous arriverons à Edimburgh (et pendant que je retape ces lignes sur l’ordi, nous sommes à Edimburgh, chez des amis de Carol, accueuillis comme des rois, et j’ai la maison pour moi tout seul car Sarah dort encore, vous en saurez plus bientôt).

Mais l’heure passe, il est maintenant 18h30, on n’a pas encore fait un seul kilomètre, et on n’a aucune idée de l’endroit où l’on va bien pouvoir dormir ce soir. Mais bon! La pluie s’est arrêtée et la vie normale a repris dans la petite ville de York ! Après avoir passé 2 bonnes heures à la terrasse de l’Orgasmic, nous décidons nous aussi de retourner à notre vie normale et nous mettons à la recherche d’un supermarché… Sarah fait quelques courses au Sainsbury’s du centre ville, pendant que Jérôme discute avec un cycliste sympa, pour glaner quelques informations sur les environs et, qui sait, peut-être trouver un jardin pour ce soir… Rien à faire, en pleine ville, c’est vraiment pas facile!

On reprend la route, en direction du Nord, et on arrête chaque personne que l’on croise pour demander l’adresse du camping le plus proche, mais personne n’est en mesure de nous répondre, si bien qu’il fait presque nuit et qu’on roule toujours… Ca devient stressant et franchement dangereux! On se risque à sonner à quelques portes, mais la plupart des gens ont peur et n’ouvrent pas. On finit quand même par tomber sur un camping une demi-heure plus tard, presque par hasard, mais le patron veut 15£ pour la nuit et pas question pour lui de réduire le prix. On redémarre en direction d’un autre terrain, qu’un panneau indique à quelques centaines de mètres à peine. Là-bas, personne nul part, à part des hollandais très sympas qui nous conseillent de monter la tente discrètement… Mais on n’a pas très envie d’avoir le même problème avec le gardien qu’hier et Jérôme se risque donc à sonner à la caravane du gardien de nuit, où une femme nous accueille sèchement en répondant que le camping n’accepte aucun visiteur après 21h! Après un petit monologue de dix minutes, son mari finit par nous montrer une place plus ou moins sèche pour camper. Il faut dire que la moitié du camping est sous eau à cause des pluies torentielles de la veille. Après nous avoir montré l’emplacement, il nous demande 18,5£ pour la nuit, soit près de 28euros! Ils sont fous ces Anglais !!! Après palabres, mensonges et discussions,  le prix retombe à 10£, puis à 7£, à condition que l’on quitte les lieux avant que le boss n’arrive à 10h. La femme n’est pas contente, elle voulait au minimum 10£, mais le gardien me fait un clin d’œil et prend les 7 quids sous le manteau. Soulagés, on monte la tente en vitesse, lampe de poche à la main, et les occupants de la caravane voisine nous accueillent en nous proposant un peu de lumière, et une boisson chaude pour bien se réchauffer. On passe une bonne heure à discuter avec eux. Ils habitent Middelsbrough, l’homme est manager dans l’approvisionnement des supermarchés Morrison, et la femme travaille à mi-temps dans une boulangerie et dans un pub. La petite fille est dingue de danse et a l’air d’une petite chipie. Après avoir dégusté notre chocolat chaud, on leur souhaite la bonne nuit et rentre dans la tente où l’on s’écroule, épuisés sans finalement avoir soupé. Jérôme, qui pensait attendre que Sarah s’endorme pour passer une partie de la nuit aux douches pour faire recharger les batteries, finit par succomber au sommeil lui aussi, du moins pour quelques heures…