Sutton on the forest – Brompton (60km)

 

Réveil étrange cette nuit, d’abord à 2h du mat, à cause de Sarah qui a un besoin urgent d’aller aux Loo’s. Elle fait juste assez de bruit que pour réveiller tout le camping, et surtout en rentrant dans la tente, où elle me réveille. Nous partons alors dans un fou rire qui va trainer un bon quart d’heure et qui a pour sujet le « richard stuck in the loo de Little London ». Puis, on se rendort et on se réveille plusieurs fois, le tout entrecoupé par des rêves étranges. On doit quitter le camping pour 10h au plus tard, heure à laquelle le grand patron débarque. Le gardien nous a fait une réduction et craint les foudres de sa femme ou de son boss. Sarah part prendre une douche, pendant que Jérôme commence à démonter la tente. Une fois que tout est replié, nos voisins viennent nous apporter un café bien chaud et nous invitent à déjeuner dans leur auvent. On a encore le temps de discuter un peu avec eux, ils nous offrent même un livre reprenant la liste de tous les campings (2 exemplaires similaires en 2 jours) et une crème anti-midges qui nous servira en Ecosse. Une photo souvenir et on quitte le camping, direction le Nord pour ne pas changer !

On avance doucement, très doucement même, d’une part à cause du vent qui nous souffle en pleine face et d’autre part à cause de la route qui est plutôt hilly. On passe par une multitude de petits villages, qui sont tous situés en haut d’une colline. C’est un cycliste aguerri, rencontré lors d’une petite pause, qui nous avait conseillé cet itinéraire, soi disant plat, mais on commence à se demander s’il ne s’est pas moqué de nous. Apres le vieux village de Crayke et son interminable montée, on arrive quand même en terrain plus plat, près d’un ancien prieuré arborant armoiries françaises. Une pause s’impose, mais il ne nous reste presque plus de liquide sur nous, et impossible d’utiliser nos cartes bancaires ici. On compte nos piécettes, juste assez pour 2 chips et un coca dans le seul magasin du coin. Nous repartons et apercevons, un peu plus loin, un énorme cheval blanc dessiné sur la plus haute des collines: c’est le fameux White Horse dont nous avait parlé notre ami cycliste. Splendide! Puis, alors qu’on entame la descente, il se met à dracher… Heureusement, tout sèche quasi instantanément grâce au vent qui nous frappe en pleine face… et on finit par arriver à Thirsk.

Quelques courses au Tesco du coin, un passage inutile à la maison du tourisme, et on décide de se prendre une frite à l’intérieur d’un fish et chips « spécial bikers ». Résultat : une minuscule assiette de frites pour 2,25£. En bons belges que nous sommes, nous ne pouvons accepter de nous faire entuber pour des frites. Nous parvenons, après discussion avec la patronne, à obtenir une 2e assiette gratuitement. Par contre, nous qui voulions profiter de la table pour tartiner nos sandwiches de paté et de boursin achetés quelques minutes plus tôt… vaut peut-être mieux éviter. A la sortie de la ville, il y a une plaine de jeux avec 2-3 tables de pique-nique. On y mange, en plein vent, avant de ressortir du parc et continuer vers Middlesbrough, notre prochaine destination. Mais il y a des casses vitesses sur notre chemin, et Sarah a du mal à garder l’équilibre…

On suit la route sans être sûr de vraiment savoir où l’on va.. On n’a toujours pas de carte détaillée aujourd’hui, la dame de l’office du tourisme ne voulait une fois de plus pas photocopier l’atlas. On trace donc sur la nationale, de la musique dans les oreilles pour se donner du courage. On finit par arriver à North Allerton, où Sarah, la vessie prête à exploser, s’arrête au premier pub pour se soulager. Jérôme en profite alors pour faire connaissance avec quelques habituels du pub. Et en 5 minutes, ils nous trouvent une solution pour la nui t: il n’y a pas de camping dans les environs, mais un ami du patron est responsable du club de rugby de la ville, et nous donne l’autorisation de camper là-bas. Martin, un ancien flic, nous offre même un verre au bar et nous parlons une petite heure avec lui, avant de nous décider à rejoindre notre camping de ce soir. Le terrain est à 2 miles de la ville et est absolument immense… On monte la tente derrière un petit chapiteau, à l’abri des regards indiscrets. On déplace même une table de pique-nique à proximité de la tente, et on se cuit des nouilles chinoises en vitesse…

Sarah s’endort tout de suite après, bien sereine, et Jérôme monte la garde. La nuit ne sera pas de tout repos : chiens errants et visite d’un homme qui sifflote en tournant autour de la tente. Jérôme ne bouge pas, et reste à travailler sur l’ordi, espérant reprendre un peu de son retard, jusqu’à ce que les bruits s’arrêtent et qu’il puisse enfin s’endormir, passablement épuisé.