Brompton – Durham (75km)

 

Réveil matinal sur le terrain de rugby désert. Personne à l’horizon, les vélos sont toujours là. Jérôme se lève le premier et prépare un chocolat chaud pour lutter contre l’humidité fraiche de la matinée. Sarah émerge doucement, en sirotant sa boisson avec une miche au choco, assise à la table de pique-nique déplacée la veille. Un témoin sonore de marche arrière se fait alors entendre: c’est le camion du brasseur qui vient livrer la buvette du rugby. Il ne semble même pas étonné de nous trouver là. Jérôme se sert d’un petit robinet extérieur au batîment pour laver la vaisselle de la veille, et, c’est à ce moment que débarque Stuart, le gérant du club. C’est un vrai rugbyman en chair et en os, et il nous souhaite la bienvenue d’une ferme poignée de mains, puis nous invite à utiliser les toilettes du club avant de remballer nos affaires. Jérôme en profite pour remettre un peu de jus dans les appareils pendant qu’on replie le barda. Vers 9h30, on est en route, notre objectif du jour est Durham, une ville médiévale célèbre pour sa cathédrale et son université. Mais la ville est encore très loin, à plus de 70km de l’endroit où nous nous trouvons…

La carte dont on dispose n’est pas des meilleures, et les routes qui y sont indiquées ne correspondent pas souvent à la réalité. Après avoir pédalé contre le vent et en montée pendant quelques heures, nous n’avons fait qu’une infime partie du chemin. Il nous faudra redoubler de courage, de patience, et surtout interroger les passants que nous croiserons avant d’arriver à Sedgefield, à environ la moitié de la distance qui nous séparait de notre objectif ce matin. Pour continuer, on a le choix entre deux routes fort fréquentées, la personne d’une station service nous conseille bizarrement de prendre la A168, une chaussée à 4 bandes, avec berne centrale qui est moins fréquentée que l’autre route, et elle a raison ! Une piste cyclable suit en effet la route la plupart du temps, et bien que celle-ci soit fort vallonée, nous progressons assez vite. On passe par Ferryhills, une sorte de ville-dortoir, coupée en deux par la grand-route, avant d’attaquer les derniers miles qui nous séparent encore de Durham. La dernière côte est particulièrement difficile, on y rencontre un cycliste un peu fou d’une soixantaine d’années qui s’entraîne pour partir à Barcelone. Au dessus de la côte, Jérôme, arrivé le premier, pose son vélo contre un piquet et s’assoit pour fumer une clope en attendant Sarah qui arrive accompagnée du fameux cycliste.

En redémarrant, les ennuis s’enchaînent…

On arrive à Durham, le compteur indique 75km. On a plutôt bien roulé, car il n’est que 18h30. La recherche d’un camping commence, pas facile d’en trouver un tout près. La ville est dans une vallée très encaissée, et nous n’avons pas très envie de devoir encore monter des côtes avant de nous installer. Pendant que Sarah prend quelques photos de la ville, Jérôme parle aux passants… jusqu’à ce qu’on lui renseigne un terrain de camping le long de la rivière, à moins de 5min. C’est en fait un club d’aviron qui loue son parking aux caravanes pour la nuit, mais il est possible de camper sur un bout de terrain avoisinant pour 6£, et on peut même prendre une douche dans le centre sportif. On paie et Sarah part se laver, pendant que Jérôme monte la tente et met cuire l’eau pour les pâtes. L’endroit est plutôt agréable… en bord de rivière, et puis les gens du club sont sociaux et ont le sourire facile. Alors que l’eau frémit dans la casserole, Jérôme rejoint Sarah, et trouve une prise pour recharger les batteries. Il trouve madame dans les douches communes des hommes, elle n’avait soi-disant pas remarqué qu’il y en avait pour les filles. On finit notre toilette et on mange nos pâtes au pesto, moins bonnes que celles de l’autre jour… On digère 2 minutes avant de partir faire un tour en ville, mais on parle, on parle et on est tellement bien dans la tente qu’on ne parvient plus à trouver la force de bouger.. On s’endort l’un après l’autre, épuisés par la journée, après avoir tenté de chercher un B&B pas cher pour le jour qui suit à Newcastle.