Stanley Park

Le réveil sonne à 7h, papa se réveille de suite. Il a bien dormi, me dit-il. Tu m’étonnes, il est couché depuis 20h la veille. Pour ma part, je suis rentré à 1h du mat, et j’ai chipoté un peu sur l’ordi avant de finir par sombrer. Je plaide pour une heure supplémentaire de sommeil qu’il accepte sans rechigner. Il est plutôt diplomate  jusque maintenant, même un peu trop. Je le surprends tout le temps à me poser des questions du style, « ça va, ça te convient? », « tu t’embêtes pas? », « on ferait bien ça.. enfin si ça te dit, sinon on fait ça », et j’en passe. Moi j’ai juste envie qu’il profite et qu’il fasse ce que bon lui semble, puis qu’on partage des moments ensemble sans pour autant être collés 24/24. Après tout, c’est son voyage avant d’être le mien… On parle moins ensemble que ce que j’aurais cru pour l’instant, il faut le temps qu’on s’habitue peut-être.. On verra, pas de stress en tout cas!

Pour l’heure, il est en train de me réveiller le salaud, après avoir pris son bain et s’être rasé de frais. Je suis un peu vaseux, je me passe la tête sous l’eau et avale mon délicieux café paternel quotidien avant de descendre en ville. On commence la journée par un autre café italien – dégueu celui-là – sur la promenade des anglais, au sud de l’hôtel, et on remonte la plage à notre aise jusqu’au Stanley park, le poumon vert de la ville. La vue est magnifique: la plage à perte de vue, et au loin, un énorme parc boisé! A 5 minutes à pied du centre-ville, c’est génial quand même.

On se dit que l’état a du batailler ferme pour empêcher les promoteurs d’y installer leur tours de béton, et que c’est tant mieux. Dans le parc, les gens respectent la loi à la lettre, piste de vélo à sens unique (il faut donc faire tout le tour du parc pour se rendre à un endroit précis), amende si chien sur la plage, amende si présence apres 22H, etc. Le mot « fine » est partout, et elle est salée cette amende, 2000$ quelle que soit l’infraction.

On marche jusque 13h le long de la mer, en faisant des pauses régulières sur les bancs qui jalonnent le parcours, puis on s’installe une petite heure à une table pour écrire la journée pour l’un, et faire les comptes pour l’autre. On a déjà oublié la moitié de ce qu’on a pu dépenser. Pas facile et surtout chiant de tout devoir comptabiliser centime par centime! Mais bon, c’est utile, faudrait que je m’y mette aussi…

Pépé part se promener sur la digue matter le cul des minettes en roller, pendant que je m’installe dans l’ombre avec mon ordi. L’aire de picnic porte le nom de « Sequoia grill », elle est située sur un promontoire de verdure, face au Pacifique. Véritable endroit de malade pour barbec à l’américaine!

On continue notre promenade pendant plusieurs heures, sous un soleil de plomb, sans une seule zone d’ombre, à s’en bruler la peau, jusqu’à arriver tout au nord du parc, au pied de l’immense pont qui traverse en direction de Vancouver Nord.

Les jambes souffrent, nous qui avions prévu de reposer nos pieds fatigués aujourd’hui, c’est mal parti. Surtout qu’il reste une petite dizaine de kilomètres à se taper avant d’être à l’hôtel.

Mais on prend notre temps et on s’arrête souvent. La journée passe assez vite, à flâner d’un banc à l’autre, et d’une étendue d’herbe à la suivante. Quand vers 18h, on arrive aux totems indiens, on se rend compte qu’on a fait le tour entier du parc sans le savoir.

Sur le chemin du retour, je passe dans 2-3 boutiques prendre des informations sur les abonnements 3g, il m’en faudrait un le plus vite possible, histoire de pouvoir vous donner des nouvelles en temps réel, et me servir de mon iphone en mode full canif suisse. Mais les tarifs sont complexes, pas moyen de se décider comme ça, je prends les dépliants et décide de regarder ça à mon aise le soir à l’hôtel. Papa veut m’inviter à manger un bon morceau, il a peur de l’épée de Damoclès de mère qui lui a fait jurer de veiller à mon alimentation avant le grand départ à vélo. On finit au même bar anglais que la veille devant 2 bières et une assiette de légumes frais en entrée qui se révélera être suffisante pour le repas du soir. Le bon gueuleton sera pour plus tard, autrement dit, ta panse attendra quelques jours de plus mon vieux!

De retour à l’hôtel, les ennuis commencent pour moi qui veut poster un article ou l’autre sur le site. Non seulement le réseau de l’hôtel est naze, mais par dessus le marché, les photos ne s’affichent pas. Je passe 2 heures à essayer d’uploader une photo sur le système wordpress sans succès. Je suis à bout. Je mettrais bien le texte brut pour l’instant, mais bon, déjà qu’il se passe pas grand chose d’intéressant, autant avoir quelques clichés.

Le padre s’est déjà endormi. Pour me consoler et faire une pause, je descends au Morissey. Jessica n’est toujours pas là. Je me demande si je parviendrai à recroiser son regard avant notre départ pour les rocheuses. Soit! A part ça et nos problèmes de chaussures, tout se passe plutôt bien pour l’instant. Pépé s’amuse, il ne fume presque plus et fait du sport. Bon, il est un peu empoté à jouer le role du vieux qui s’étonne de tout et répond aux serveuses en français quand elles lui demandent ce qu’il veut boire, et en lâchant des « abominable » toutes les 20 secondes. « Abominable hein la chaleur », « Abominable cette ville » et j’en passe et des meilleures.

Le bar m’énerve ce soir, j’arrive pas à chasser ce problème de site web de mes pensées. Je remonte à la chambre, et je bricole une solution de secours en attendant mieux. Une heure plus tard, la première news est postée, c’est déjà ca. Beaucoup de texte, pas super intéressant, mais faut bien se dérouiller un peu. Pour les photos, je bosserai la dessus quand j’aurai plus de temps en juillet.

Il est pas loin de minuit, papa ronfle bruyamment, je redescends au bar pour fêter mon premier post, sans argent, mais carte de crédit en poche. Il y a plein de monde maintenant, je me mets au bar avec mon carnet de notes. Deux tabourets plus loin, la grosse Pam me sourit, elle est bourrée de tattoos sur tout le corps. On parle, elle me présente Dave, un poulet de la ville qui me présente Denise, une blondasse à la voix de vieille fumeuse, qui me présente Alicia, sa cousine, qui est avec une amie absolument terrible mais méga hautaine. Pas moyen de croiser son regard… Mais qu’importe, je sors ma visa, je commande une autre bière et je ferme doucement mon carnet, histoire de passer en mode biker…

3 réflexions au sujet de « Stanley Park »

  1. Salut Jérôme,

    C’est avec un grand plaisir que je lis tes articles. J’adore le style, l’humour et plus que tout j’envie ton courage de claquer tout pour suivre tes envies.
    J’espere sincerement que tu continueras à profiter de ton voyage avec autant de plaisir et plein de bonnes choses à toi.

    Yannick

  2. Merci pour les news ! ici , chez Maquin on suit tes avantures avec beaucoup de plaisir.

    J’espère que le squash 22 ne te manque pas trop

    J’espère que tu retrouveras ta charmante barwoman 🙂

    Bonne découverte !

  3. Hey Joli-coeur,

    Je lis avec émerveillement et grand plaisir tes aventures quotidiennnes en pays canadien.
    Je constate que le mode Biker est en mode ON, ce qui va sans aucun doute pimenter ton séjour^^ BBB!

    J’en profite pour te lancer un « good luck » en faisant crisser les pneus de ma bécane. 😀

    Bisous bisous

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