Boston Bar – Salmon Arm

Pour une fois, c’est moi qui me lèverai le premier! 8h pile, papa ronfle todi, je me lève et m’apprête. J’essaye d’utiliser la machine à café, mais pas moyen. Je fais du bruit, il se réveille. Il se lève d’un bond pour regarder la cafetière. Encore tout endormi, il la retourne pendant 10 bonnes minutes avant de comprendre que c’est juste une bouilloire!

Le café n’est pas encore dilué que mes bagages sont déjà prêts et dans le coffre. Papa, lui, est toujours en pyjama rayé. Pendant qu’il s’habille à son tour, j’essaie de recharger l’iPhone avec le kit solaire qu’on a fabriqué ensemble en Belgique. Ca n’a pas l’air de beaucoup fonctionner, j’ai même l’impression que le niveau de la batterie descend au lieu de monter.

A 9h30, après avoir acheté quelques cartes postales au Coyote Alpine restaurant, on démarre, direction Cache Creek, la prochaine ville sur notre route. Le soleil brille, la route est dégagée, il est tôt, une toute belle journée s’annonce.

Papa roule vite, très vite, trop vite que pour pouvoir apprécier ce qui défile sous nos yeux.. Pourtant ce n’est pas assez rapide pour les gens du cru qui le dépassent en klaxonnant. Le paysage est de plus en plus grandiose, les vallées se resserrent au fur et à mesure, on quitte les rives de la Fraser pour rejoindre celle de la rivière Thompson. De chaque côté de l’eau, une voie ferrée, où des trains impressionnants, tirés par plusieurs locomotives, s’étirent sur plusieurs kilomètres.

On fait quelques arrêts, pas assez, je tanne papa pour qu’il ralentisse un peu, qu’il laisse passer les pressées, qu’on monte le son de la radio et qu’on roule fenêtre abaissées et bras dehors, sans succès!

Les kilomètres défilent, on passe Lytton, et on continue vers Cache Creek. Les montagnes verdoyantes se sont transformées en amas de rochers poussiéreux, ponctués de temps à autre par un arbre ou deux. C’est le désert Ocanoga qui commence, l’endroit le plus chaud et le plus sec dans tout le Canada.

12h, arrivée à Cache Creek, seule oasis de civilisation au milieu du désert. On récupère du réseau 3g, plaisir de pouvoir lire ses mails et les commentaires laissés sur le site. Pas trop le temps ni la patience d’y répondre immédiatement sur l’iphone, mais je me dis que je ferai ça au plus vite, sitôt derrière mon écran dans le premier motel…

Dans ma boîte aux lettres, un mail me fait particulièrement plaisir, c’est Séba, ancien collègue et actuel ami, qui m’envoie un lien magique : « j’irai dormir à Hollywood », le long métrage d’Antoine de Maximy, que je cherche depuis au moins 6 mois sans succès. Il me faut absolument un wifi ce soir pour télécharger et déguster ce film que je soupçonne être une petite merveille.

En attendant, mon père et moi, on a les crocs, on se gare devant le Chum’s restaurant. Pépé a du mal avec la commande d’ouverture à distance de la voiture. Il ferme la voiture, petit coup de klaxon indiquant que les portes sont verrouillées, puis, en glissant la clé dans sa poche, la rouvre sans faire exprès (de nouveau, petit coup de klaxon pour signaler que la porte est ouverte). Le volume du klaxon n’est pas des plus discrets, mais bien utile néanmoins, sans quoi on se la serait déjà fait piquer 10 fois cette caisse.

« Chum’s burger, the ultimate family restaurant »,  la serveuse est pas mal, une petite brune toute souriante (mais plus toute fraîche d’après mon père) qui nous accueille avec 2 verres d’eau glacée de bienvenue. On mange en vitesse, un burger-frites maison avec une bière pour le passager et un sprite pour le conducteur, puis on repart sans laisser de pourboire. Faut pas exagérer non plus, non seulement tout est cher, puis, au prix affiché, il faut encore rajouter les taxes (7% en Colombie Britannique), et les bonnes manières veulent qu’on laisse au moins 15% de pourboire..

Il serait temps que les serveurs se révoltent et exigent un salaire fixe + un pourcentage de la caisse + les pourboires éventuels. Je veux bien être leur porte-parole s’ils ont besoin d’un syndicaliste, mais pas question que je marche dans leur système stupide de pourboire obligatoire.

On reprend la route, la bière et la chaleur m’ont saqué. J’abaisse le siège et m’octroie un petit roupillon pendant que papa et son sprite bouffent les kilomètres. Ca manque de musique dans cette voiture, pas de radio captable dans ce désert, il faut réagir. A l’entrée de Klamloops, mon iphone m’indique un magasin d’électronique à proximité. L’endroit rêvé pour acheter un câble d’extension jack qui nous permettra d’écouter de la musique de circonstance (note to myself : penser à charger l’iPhone en musique country et rock woodstock style).

En plus du câble, on en profite pour faire le plein, 35$ de moins sur ma VISA, ça parait con à dire, mais ça fait chier de payer pour de l’essence…

On repart en direction de Salmon Arm, je m’endors de nouveau, le paysage est pas mal, mais j’en ai marre d’être en voiture. Papa aussi, il a envie de s’arrêter tôt.

A Salmon Arm, il y a un énorme lac et une réserve ornithologique. L’endroit est sympa, on a envie d’y passer la nuit. L’iPhone (on va finir par croire que je fais de la pub pour apple) nous trouve une chambre raisonnable au Travelodge du coin, et c’est parti. Un véritable bijou de couteau suisse ce téléphone quand même… (fin de la publicité)

On s’installe au motel pour 100$, je lance le téléchargement du film de séba, puis on part se promener au bord du lac, observer les oiseaux et discuter sur la jetée, face aux montagnes… Great moment.

Avant de rentrer, petit détour par le Safeway, pour acheter de quoi souper (surimi, pain et chocolat, ça me rappelle la Norvège, pas vrai Sarah?). De retour à la chambre, le film est téléchargé. Je me le déguste, pendant que papa perce ses cloches avec une aiguille en regardant le poker à la télé. C’est qu’il tient bien le coup ce soir, il veille plus tard que d’habitude.. Môssieur n’aurait-‘il pas eu droit à ses deux bières habituelles? 🙂

4 réflexions au sujet de « Boston Bar – Salmon Arm »

  1. extra maintenant ton site.c est vraiment agréable a lire et je vois que tu t intègres plus sereinement que les premiers jours.je te connais assez que pour savoir que le feu aux fesses te fait perdre la raison et ne présage rien de bon.excuse moi si je t ai blessé mais je suis mère avant tout.Je lis tes états d âme entre les lignes.Maintenant c est vraiment interessant.ANT.rigole bien de voir que tu n as pas de musique,que papa roule en marche arrière et de voir les platées de lard,de frites,salade que vous avalez.bisous a vous deux.je dois dire a papa qu il doit ramener l appareil photo(cf ant).

  2. Bonjour à vous deux au Canada et à la famille à H/s/A!!!

    Quel plaisir Jérôme ton site, en effet c’est avec un grand sourire que je lis vos aventures. Les anectodes sont sympatiques, j’imagine J-L avec la voiture, une comédie 😉

    Je vous souhaite à tous les deux de profiter un max de votre voyage, de vous mettre plein de magnifiques images en tête, je me réjouis de lire la suite!!!! ps: les photos sont très belles.

    Biz à vous deux.

    Nathalie P.

  3. ça fait plaisir de lire tes nouvelles aventures. Amusez vous bien et pensez de temps en temps a nous qui sommes dans le métro boulot dodo quotidien

  4. Content que ça t’ait fait plaisir !
    En même temps, je ne me mouillais pas beaucoup en te proposant ça 😉

    A+

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