Salmon Arm to Golden

Le réveil sonne à 8h30, pas dormi des masses. Papa semble en pleine forme. On boucle les valises et on se dirige vers le bureau de la réception qui fait aussi office de salle de déjeuner. La femme nous accueille d’un large sourire et nous indique le buffet et les 3 fauteuils entourant la petite table. 2 jeunes américains sont en train de terminer leur breakfast, pas un bonjour, pas un sourire. Pépé se sert un café et avale un cake au chocolat, pendant que je me toaste des tartines au beurre de cacahuète, puis on démarre, direction les rocheuses profondes. J’ai chargé l’iPhone en musique de circonstance, et c’est sur le son des Creedence et de Canned Heat qu’on attaque l’autoroute de la montagne.

Il roule moins vite pour une fois, ce qui n’est pas pour plaire à la file d’autochtones qui va grandissante derrière nous. Les gens roulent comme des sauvages, sans regarder une seule miette du paysage, ils dépassent dès que c’est un peu possible, quitte à risquer la collision frontale sur la bande d’en face.

Le paysage devient plus sauvage, la verte nature reprend peu à peu sa place sur les étendues presque désertiques du désert Ocanoga, le moment est parfait.

On s’arrête au « last spike », le point de jonction plus que centenaire de la première ligne de train reliant l’est à l’ouest du pays, puis on repart en direction de Revelstoke.

On y sera vite, bien qu’en roulant à notre aise et nous arrêtant ça et là pour regarder le paysage. C’est quand même plus facile en voiture qu’à vélo, même si le sentiment d’immensité n’est pas du tout pareil. Même en roulant à 60 à l’heure, le paysage défile sans qu’on aie vraiment le temps de s’imprégner de sa beauté. C’est un état d’esprit tout à fait différent, deux voyages incomparables.

On arrive à Revelstoke aux alentours de midi, c’est une petite ville le long d’une large rivière coulant dans une vallée encore plus large. Il nous reste du surimi et du pain d’hier qu’on avale sur un banc au bord de la rivière.

Papa adore l’endroit, il part pour une promenade le long de l’eau, pendant que je m’amuse à essayer de photographier une guèpe qui butine en gros plan, et d’autres petites choses.

Je commence tout doucement à avoir le Lumix en main, il est incroyable cet appareil! Je n’ai pas encore allumé une seule fois mon reflex, j’en suis même presqu’au point de me demander si je ne vais pas le confier à mon père à son retour en Belgique.

Je retrouve papa assis sur son banc un peu plus loin, il a enlevé son t-shirt et tente une bronzette panse à l’air, cachant cependant son bide de ses mains dès que des passants font mine de s’avancer dans sa direction. Je m’assieds avec lui, et on imagine pendant un instant ce qu’ont du ressentir les premiers colons en découvrant la vallée. Ici, tout est idéal pour s’installer, le calme, l’immensité, les montagnes, le bois, l’eau et le soleil. Une véritable vallée fertile!

On traine pas mal de temps dans le coin, avant de se décider à repartir, en direction de Banff, point de départ de la fameuse route des Rocheuses, dont on nous a tant parlé ces derniers jours. Avant de remonter sur la transcanadienne, on passe s’acheter 2 cocas et 2 teens (hamburgers d’enfant avec une taille plus qu’adulte) pour 7$. Un cycliste solitaire est assis sur un banc, tenant son « teen » des deux mains. Je m’approche, il est québecois et entame lui aussi la traversée depuis quelques semaines. Il dit que le plus dur est la solitude, uniquement la solitude, le reste n’est qu’effort temporaire qu’on a vite oublié sitôt arrivé le soir à l’étape. On parle un peu, puis je m’éclipse pour le laisser manger à son aise en oubliant de prendre son email pour rester en contact, j’aurais vraiment du…

Le teen m’a gonflé l’estomac, je m’endors en laissant papa s’occuper du volant. Le siège passager est une pure merveille, un vrai lit roulant, une fois qu’il est abaissé, impossible de ne pas sombrer endéans les 5 minutes. Mon père me réveille à l’entrée du parc national du glacier, le paysage a complètement changé. On est passé à une route au milieu d’un bois dense entouré de montagnes aux sommets encore enneigés. La route devient longue, et aucun arrêt n’est possible, pas d’aire de repos alors que les alentours sont grandioses, c’est vraiment dommage. On finit par prendre une route de traverse où un panneau indique la Quart Creek, la route est un chemin de terre qui monte dans les bois, on le suit tant qu’il est carrossable pour notre voiture de loc, et on finit par abandonner quelques kilomètres plus loin. On continuerait bien à pied, mais quelques chose nous dit que ça doit grouiller d’ours dans les environs.

On repart jusqu’à Golden, la route, qui était tellement agréable ce matin, est devenue épuisante, même pour moi qui ne fait que subir le défilement des pancartes. On s’arrête à l’entrée de la ville, il est presque 17h, heure à laquelle on doit encore rajouter une heure car on vient de changer de fuseau horaire, GMT-8.

On décide d’arrêter là pour aujourd’hui et on se trouve un motel dans les environs, le Mary’s motel, 80$ la nuit. Pas des plus classes, mais ca fera l’affaire, faut que je calme un peu les gouts de luxe de mon père si je veux pouvoir survivre après son retour.

On s’installe puis on part dans la petite ville à la recherche d’un liquor store, où on s’achète trois bières pour nous deux. Une heure et deux pizzas 10″ plus tard, nous voilà sur la terrasse du motel, à nous remémorer les bons moments de la journée et à nous réjouir pour demain qui promet d’être une toute belle journée: c’est qu’on attaque Banff et la fameuse autoroute des rocheuses, soi-disant une des plus belles choses à voir au monde… Wait and see.. Pour le moment, c’est relâche et un peu de repos pour moi, quoique c’est pas gagné car pépé vient de finir sa 2e bière et risque bien de ronfler comme un cochon toute la nuit!

Une réflexion au sujet de « Salmon Arm to Golden »

  1. Photos impressionnantes à chaque fois !
    La dernière est digne de Twin Peaks 😀
    En te lisant, je vois que tu n’utilises presque exclusivement le fameux Lumix, je suis vraiment surpris !

    A+

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