Pocahontas to Edmonton City

Pas de réveil au programme aujourd’hui, juste une horloge biologique qui commence à être bien rodée. 8h30 pétantes et je suis déjà dans la douche!

Super bien dormi, grâce à daddy qui a tenu à ce que je m’endorme avant de se mettre à ronfler. Résultat, c’est lui qui est crevé… Il a regardé le poker à la télé toute la nuit! Chacun son tour, pas vrai, mon vieux?

Moi, perso, me sens en super forme, prêt pour redémarrer du bon pied. Et puis, petit détail supplémentaire mais non négligeable, nos vêtements sont propres. Certes, ils ont un peu rétréci dans le séchoir du camping, mais c’en est fini d’avoir cet odeur de pieds puants dans les chambres de motel au moins pour quelques jours.

La journée commence par un petit détour vers les sources de la rivière Miette, les plus chaudes de toutes les Rocheuses. On hésite à se baigner dans la piscine thermale pour 6$, mais on abandonne l’idée, trop de gros lards dans l’eau.

On quitte de nouveau les montagnes pour les grandes plaines. Les routes sont droites et à perte de vue, l’environnement est chaud, sec, quasi désertique, ça devient vite monotone.

On arrive à Hinton sur le coup de midi, sous un soleil de plomb. On s’arrête au supermarché IGA de la ville, pour acheter de quoi faire un pic-nic.

On fait un tour des rayons, puis je décide de faire cavalier seul : papa commence à m’énerver à s’arrêter devant chaque rayon et me dire :
« Ca te dit du jambon fumé? Ca te dit des pêches? Ca te dit un paquet de chips? »
Je sais qu’il fait ça pour être gentil, mais pourquoi ne pas prendre ses propres décisions?

Bon ok, je suis méchant, je l’avoue, mais j’ai oublié de vous signaler quelque chose d’IMPORTANT! Depuis maintenant presque 2 jours, j’ai pris la décision de devenir un homme sain (depuis le subway dégueu de Jasper pour être exact). Dans mon introspection vers l’état d’humain 2.0 auquel j’aspire, je pense que c’est la première étape.

Je sais pas si c’est le fait d’entendre mon père respirer comme un mineur la nuit ou les cuisses bien grasses de toutes les filles d’ici, mais toujours est-il que j’en peux plus des clopes, des burgers et du coca. J’ai décidé d’arrêter les trois d’un coup, et pour l’instant (sauf sautes d’humeur passagères), je tiens plutôt bien (ok, avec l’aide des pastilles de nicotine que papa avait prévu pour l’avion, mais c’est un premier pas)

Je me prends une assiette de légumes frais, un fruit, de l’eau,un yaourt à boire et une tranche de pizza pour la modique somme de 7$. Papa, lui, ressort avec des miches, des saucisses au piment et 2 pêches.

On continue à rouler vers Edmonton, je reçois un mail d’Emily, mon amie canadienne, actuellement au Brésil, qui nous conseille 2-3 endroits chouettes dans la grande ville, notamment la fameuse Whyte Avenue, centre de la vie nocturne de la cité.

Plus on approche de la ville, plus pépé s’énerve dans le trafic. C’est vrai que c’est le foutoir. Edmonton est la capitale de l’Alberta, la métropole la plus au nord de tout le Canada, aujourd’hui paradis des affaires pétrolières et agricoles, et autrefois plaque tournante des marchands de fourrures.

L’iphone, après moult recherches, a fini par nous trouver la perle rare de la ville, l’hôtel le moins cher (100$) et le plus central. On décide d’aller voir à quoi ça ressemble avant de faire le booking. L’hôtel est nickel, super luxueux même, dans une grosse galerie commerciale en plein downtown. A la réception, le prix est majoré de 25%. Je sors l’iphone de ma poche, l’agite sous le nez de la jolie réceptionniste, lui dis que je booke online et que je suis de retour dans 5 minutes.

Je retourne m’asseoir dans la voiture pour réserver, papa est mal garé, et me presse pour que je m’exécute au plus vite. Seulement voilà, dans la précipitation, je parviens à me tromper d’hôtel dans la réservation: c’est qu’il y en a deux dans la ville, le Delta Hotel Centre Suite (celui qu’on veut) et le Delta Hotel Centre South (bcp moins bien situé). Je ne m’en rends compte qu’à la réception où je passe pour un con à épeler fièrement mon numéro de réservation. L’employée ne peut rien faire pour nous, on va devoir aller à l’hôtel du Sud ou payer une chambre ici.

Heureusement, un coup de fil au helpdesk de la chaîne hôtelière finit par tout arranger. L’employée, bien sympa, comprend mon embarras et parvient à changer la réservation, si bien que 5 minutes plus tard, on se retrouve dans la chambre 640, super luxueuse pour 100$, a really good deal.  On pose nos culs sur les divans, nos valises sur le king size bed, un petit café en vitesse, puis on part à l’aventure dans la ville.

Deux rues plus loin, de la musique, un festival sur une grand place, des gens dans un bassin public…

On fait le tour de l’endroit plusieurs fois avant de se rendre à l’évidence, il s’agit d’une sorte de gay pride, rempli de grandes folles et de travelottes. On hésite à se donner la main pour passer inaperçus.

On quitte l’ambiance en direction de Whyte Avenue, de l’autre côté de la rivière Mackenzie. C’est plus loin que ce qu’on aurait cru, presque 5 km, pour au fond pas grand chose d’intéressant, à part quelques bars sans vraiment d’ambiance.

Pépé m’en veut de l’avoir fait marché autant pour rien, il rale sur tout : sur la ville, sur les gens, sur la marche, etc. 2 bières et un kebap plus tard (Murat commence à me manquer), on redémarre vers notre hôtel.


On y arrive une heure plus tard, sur les genoux, après ces 10km de marche à travers la métropole.

A titre d’illustrations, voici quelques extraits du discours de pépé pendant la soirée :

– « Que c’est effrayant quand même une grande ville comme ça la nuit… »
– « Cette ville est ABO-MI-NABLE, abominable de d’horreur, de puanteur et de laideur! »
– « Je suis content de voir le monde stu m’fi, mais quand je rentre, je ferme la barrière, je me mets dans mon jardin et je tire à la carabine sur le premier qui franchit la grille. »

ll a pas tort, la ville est extrême, le pays aussi, étrange impression que la plupart des jeunes canadiens sont foutus, tantôt obèses, tantôt déjantés, en tout cas complètement dans le système à l’américaine… (ceci n’est qu’une première impression)

Dans la chambre, on essaye de préparer un peu la suite du voyage… Pas évident! Aller vers le nord ou pas? Il y a bien un billet d’avion intéressant qui fait le tour des villes du grand nord en plusieurs arrêts, mais le coût total n’est pas très clair sur le site. On envoie un email à la compagnie, on en saura plus lundi.

Autre possibilité, renoncer au grand nord et aller vers l’ouest, vers Prince Rupert (on sait pas trop comment), puis prendre le bateau et redescendre sur l’ile de Vancouver. Les deux sont tentants… Une seule chose est sûre, on doit rendre la voiture mardi matin à Calgary. Le problème est un peu trop casse-tete pour ce soir, on finit par reclaper l’ordi et reporter notre décision à demain.

Pépé se couche et s’endort de suite dans son lit de roi, sans ronfler! Je poste 2 news, regarde les photos des derniers jours et en sélectionne quelques unes. Il est déjà 2h du mat, l’heure de couper les lumières et de s’installer face à la fenêtre pour contempler l’immensité de la ville illuminée dans la nuit noire. Et dire que dans une vingtaine de jours, je vais me retrouver tout seul dans ce pays, ça commence à me faire peur…