Calgary

9h30, il ronfle toujours… Je me lève en silence, prends une douche en vitesse, m’habille et le réveille pour aller déjeuner. Deux toasts au beurre, un café et un cake mou pour certains et nous voilà prêts.

On reprend une nuit supplémentaire à L’Econolodge. Non seulement, on trouvera rien de moins cher (tout est dans le nom), mais aussi parce qu’il faut qu’on règle quelques trucs ce matin… et qu’on ne sait toujours pas dans quelle direction on va se diriger dans les jours qui viennent.

Il y a deux plans possibles : soit on parvient à obtenir ce pass en avion et c’est parti pour la tournée des grands ducs dans le nord, soit on abandonne le nord (ce qui couterait moins cher) et on se trouve un moyen de transport vers Prince Rupert. De là, on fait une croisière vers l’île de Vancouver, et on passe une semaine à explorer le coin…

Premier objectif de la journée : l’aéroport. On aimerait parler à un employé d’Air North, la compagnie aérienne qui propose le fameux « Artic circle air pass ».  Personne à l’horizon, ils n’ont des permanences qu’au départ de leurs vols. Je resonne aux réservations et tombe enfin sur Catherine. Elle a bien reçu notre émail et promet d’y répondre avant midi.

C’est aujourd’hui qu’on doit rendre la voiture. Elle est crade, aussi bien dedans que dehors, faudrait la laver et l’aspirer un coup quand même, sinon c’est l’amende à coup sûr. L’iphone nous repère 4-5 carwash, mais aucun n’est a la hauteur :  pas de grosses brosses qui nettoyent nickel comme aux Chiroux, juste des jets au Karcher qui, après nous avoir bouffé 10$, nous rendent la voiture toujours aussi peu présentable.

Papa s’énerve, le tenancier du car-wash ne parle même pas anglais! On laisse tomber, et on se dit qu’on va la rendre comme ça. Le stress est bien haut dans le ciel… Je craque et pique une clope à mon père.

Catherine me resonne, ça va être plus dur que prévu pour le booking… Il faut normalement payer 7 jours à l’avance!  Je l’implore de nous faire une faveur et de tenter de booster le processus, histoire qu’on puisse partir le 17 comme prévu. Après tout, demander une exception à un service clientèle helpdesk, ça commence à me connaître, non?

On rend la caisse au bureau Alamo du centre-ville. La responsable se marre toute seule quand on lui explique l’histoire du car-wash. Fallait pas la laver messieurs, c’est nous qui nous en chargeons…

Bonne nouvelle, et pour fêter tout ça – et faire redescendre le stress de la matinée – on se tape 2 teens à 6$ (ce sont des burgers pour le profane) et une bière.

Puis, épuisé, je demande 2h de temps libre à mon père… On se fixe rendez-vous dans un petit parc où de jeunes enfants se baignent dans un bassin public (histoire qu’il puisse se rincer l’oeil au cas où j’aurais du retard)

Je me fais un tour de la ville PEINARD et en SOLO. Ca devient dur d’être 24/24 ensemble…

La ville est sympa, rien à voir avec Edmonton la puante d’hier. Ici, les rues sont propres, les gens normaux ou presque. C’est vrai quoi, ils ont l’air sains, font du sport, se baladent dans des espaces verts… En un mot, ils ont l’air sérieux quoi (ptet même un peu trop). Puis, la pauvreté est limitée, voire inexistante, ce qui fait que la ville, en plus d’etre assez verte, parait au premier abord fort sécurisante.

Je retrouve mon père au parc, et on se pose à une terrasse du long piétonnier commerçant, en dessous d’un feu rouge qui fait un bruit de pinson à chaque fois qu’il passe au vert.

Puis, une fois nos bières terminées, on se dirige vers l’OSF (Old Spaghetti Factory) où on s’offre un copieux menu tout compris et un demi de rouge pour pas cher.

Panses remplies, on reprend le C-Train, direction Dalousie, l’arrêt de l’Université face à notre hôtel. On se pose un peu dans la chambre, occupant les toilettes à tour de rôle (en laissant la soufflerie tourner). Notre système digestif  a un peu de mal à s’habituer ces derniers jours, on hésite sur le responsable : les 2 Teens ou le menu lasagne?

Je poste 3 news pendant que papa prend son bain, puis décide de partir faire un tour en ville by night. Il est quasi 23h, pépère veut plus bouger.
Je reprends le C-Train et me retrouve à arpenter les rues à la recherche d’un endroit sympa où boire un verre. Seul, la nuit, la grande ville parait déjà beaucoup moins sure… les clochards sont sortis, et je dois ralentir ou accélerer le pas pour éviter quelques bandes un peu louches. Je m’enfonce vers le sud de la ville, à la recherche d’un endroit qu’une employée de magasin de sport m’avait conseillé ce matin.

Le bar est au coin de la 8e et de la 12e rue, le « Monkey chénintokwé », c’est une sorte de pot au lait, moins beau et moins rempli… A peine la porte poussée, je sens déjà que j’ai pas la tchatche, que ça va être vraiment dur de parler à quelqu’un ce soir. Je me résigne donc à faire cavalier seul à une table, et, coincé sur la banquette entre ma bière et mon stylo, je pense à la solitude, qui commence à se faire sentir… Et c’est encore rien, elle risque d’être énorme quand mon père sera rentré en Belgique…

Minuit et demi, le dernier C-Train vers Dalousie passe dans 5 minutes. J’attends l’engin sur le quai en discutant avec Josh, un gars du coin qui rentre de soirée. Il me rassure: je stressais pour rien, la ville est méga sûre… même la nuit! Faut juste parler à personne et savoir plus ou moins vers où l’on marche. Par rapport à Edmonton, et même Vancouver, le taux de meurtre n’est que de 2 pour cent mille habitants (j’ai oublié de lui demander si c’ était par an), un pays d’enfants de choeur quoi…

On discute pendant tout le trajet. Il a un projet de voyage pour l’année prochaine: un tour du monde en stop, suivi par des caméras de télés locales si j’ai bien compris… Soit, ça a l’air plutôt pas mal. On se quitte au même arrêt, et il me donne r-d-v le lendemain soir au Pop’N’Rock Bingo, sur la 11e avenue, un endroit ou la bière est à 3$.

Je rentre à l’hotel, bien claqué, et m’en voulant un peu: pas trop en forme ce soir! Du mal à m’exprimer, à trouver mes mots, ça doit être le manque de sommeil je suppose… Papa, lui, ne dort pas, il se tracassait, me dit-il. Je vois qu’il se gratte le dos… C’est bizarre, moi aussi ça m’a gratté toute la soirée, je me demande s’il y a pas des puces dans les lits!