Calgary – Yellowknife

3h30 du mat, arrivée à l’hôtel.. J’ai marché vite, très vite, je me sens limite faiblard… Moi qui m’inquiétais pour mon père, je suis loin du compte : ça ronfle même à travers la porte d’entrée…

Je passe à la réception, m’assurer que le taxi a été commandé, puis rentre prendre une douche et finir ma valise. Papa se réveille, je lui explique toute l’histoire. Il est de mauvais poil, je sais pas pourquoi, éveillé trop tôt sans doute… Du coup, il enchaîne les conneries, il se cogne dans les cintres, se trébuche dans les draps de lit, bref, tout l’énerve!

On repasse a la réception, le gars s’est endormi, il met une heure à faire notre facture, puis appelle seulement le taxi. Notre chauffeur est paki, il s’appelle Ken, ne se tait pas une seconde et fait un max de détours. Résultat : 32$ au compteur. En grand prince, mon père en laisse 40. Il m’énerve à faire ça, à jouer les grands seigneurs avec NOTRE argent, tout ça parce que c’est soi-disant la coutume de laisser 15% de pourboire aux taxis et serveurs dans les cafés. Si on avait les moyens je dis pas, mais là je dois tenir un an avec mon pognon moi après, donc mollo sur les « tips » svp.

Soit, après quelques soucis au check-in (on n’était pas sur les listes), on finit par décoller. Premier stop à Edmonton, par avion taxi. L’hôtesse fait peur, elle est cernée jusqu’aux dents et sourit comme une poupée chucky. L’avion est quasi vide, je change de place pour me taper pres du hublot et m’endors direct après le décollage…

Au réveil, je me retrouve le dernier dans l’avion, la nuit blanche m’a tellement assommé que j’ai même pas senti l’atterrissage!

Je dors une autre heure dans un fauteuil de cuir du terminal en attendant la correspondance pour Yellowknife. L’avion est bondé ce coup-ci, je me retrouve coincé entre père au hublot, et un gars pas tout mince non plus à l’allée… Souffrance, mais je m’endors quand même après un petit déjeuner de roi, servi par des hôtesses un cran au dessus. Le service est vraiment exceptionnel chez Canadian North, même les couteaux du repas sont en métal, en gros, on est dans le nord et ils craignent pas le terrorisme ici!

Arrivée à Yellowknife, les b&b que j’avais repérés sont tous full. Pas le choix, on est obligé de prendre un motel puant dans le centre. 117$ la nuit, 250$ pr 2 nuits avec taxes. Le mec chipote 10 minutes avec ma visa avant de me dire que l’appareil ne marche soi-disant pas et de nous demander du cash. Bizarre…

Je suis toujours aussi vanné, mon père part se promener pendant que je roupille, puis revient à l’hôtel, et me réveille pour aller boire un verre ensemble.  On est de mauvais poil tous les deux… Moi plus que lui, car j’ai dormi par tranches de 2H.

Je sais pas si c’est dû à ma mauvaise humeur, mais tout me parait nul… La ville est grise et sale, rien d’intéressant ni de beau à voir en surface. Bon, ok, le « Great Slave Lake » est agréable, mais ça s’arrête là, et il n’y a même pas moyen de s’en approcher à cause des « private property ».

On boit 2 Kokanee’s et on bouge. Papa est pénible, il n’arrête pas d’insister pour qu’on recherche un ATM et que JE retire du CASH. Il décrète que maintenant qu’il a payé les 2 billets d’avion avec sa Visa, ce sera à moi de payer tout le reste jusqu’à la fin du voyage. On se dispute en pleine rue et on se sépare brutalement.

Je pars de mon côté, la rage au ventre, je commence à en avoir assez de l’avoir collé a mes basques 24/24. Je marche longtemps pour me calmer, avant me poser dans un coin d’herbe face au lac du côté de N’Doli, du côté de l’île Inuit.

Sur le chemin qui mène au centre-ville, une longue cabane de bois fait office de café, le « Wildcat Cafe ». L’endroit a l’air sympa, j’entre, les serveuses le sont aussi. Du coup, j’y resterai longtemps, à écrire, devant un café, dans un coin de la cabane. Une serveuse s’occupe de moi en particulier, elle repasse me remplir la tasse toutes les 5 minutes, avec un grand sourire.

Elle s’appelle Katie (décidément). Je me risque à lui proposer un tour de ville ce soir… qu’elle accepte sans hésiter (et en m’offrant en plus les 10 cafés que j’ai au moins du boire)! Puis, ma bonne humeur revenue, je rentre à l’hôtel. Pepère dort à moitié, il s’est calmé lui aussi et on se réconcilie avant que je le rejoigne dans son sommeil.

Quand j’émerge, il fait toujours clair. Merde, il est 23h30, j’ai une heure de retard pour  mon rdv avec Katie. Je l’appelle, encore tout endormi, et on se rejoint pas loin de la cabane où elle bosse. De là, on prend sa caisse pour un verre dans le centre, dans une sorte de « french touch » pub, le Frolic.

La petite vient de Winnipeg, elle a 21 ans, est pas vilaine et étudie l’architecture. Elle bosse ici pendant les mois d’été pour financer ses extras de l’année. Le courant passe pas trop mal pour ce que j’ai encore la tête dans le cul d’hier soir, et elle me propose presque directement de m’aider si je passe dans son coin à vélo, qu’elle aura des adresses pour moi et tout ce qu’il faut pour que je passe un bon moment la-bas. (je me demande bien ce qu’elle a voulu dire par là?)

Mon réseau commence à se construire petit à petit, je tisse doucement une toile diabolique sur l’ensemble du territoire… On discute 2 bonnes heures devant nos Keith’s, bières de l’Est du pays (made by Inbev once again) avant de se remercier mutuellement pour la soirée, et se donner rendez-vous demain soir.

En rentrant dans la rue du motel, encore plus puante que l’établissement lui-même, une bande d’Inuits m’accoste. Je joue la carte du gars sympa, et finit par me séparer d’une clope ou deux pour avoir la paix. Il est 2h du mat, il fait clair comme en plein jour malgré les nuages, et papa, comme à son habitude, ronfle déjà comme un cochon bourré.