Norman Wells – Inuvik

Matin grisâtre, il fait froid dans la petite tente, les draps sont humides et mon père cuve toujours. Je le laisse dormir jusqu’à 10h avant de le secouer. On prend l’avion dans deux heures, faut pas qu’on tarde trop, faut qu’on réveille Tania et Todd, qu’on déjeune, qu’on se lave un coup, puis qu’ils nous conduisent partir à l’aéroport.

Etonnamment, pépé semble assez frais par rapport à son état de la veille… ce, même si son visage est recouvert de dizaines de doses de moustiques, il s’est fait piquer toute la soirée dans le jardin.

On toque à la porte de la villa, à plusieurs reprises et de plus en plus fort! Pas moyen de les réveiller! Ils doivent toujours être assommés de leur cuite de la veille. Heureusement que j’ai le code de sécurité de la porte de coté et qu’on peut rentrer utiliser la salle de bains, histoire de pas perdre trop de temps.

Entre-temps, ils ont émergé. Ils ont des petits yeux, mais leur sourire est toujours là. On rigole longtemps de la fin de soirée de la veille devant un petit déjeuner sympa et un bon café, puis on démarre sans trop tarder pour l’aéroport. On pose nos bagages au check-in, il nous reste pile une heure avant le vol.

Assez pour que Tania nous fasse faire un tour en voiture. Elle nous monte au sommet d’une colline, d’où on voit toute la vallée, puis nous redépose au terminal où on embarque tout de suite, après leur avoir fait nos adieux. We’ll be back, that’s for sure!

Le vol jusqu’Inuvik est assez court, on y arrive sans encombre. Il fait un soleil éclatant, aucun nuage.

L’hôtel est nickel, la ville minuscule, et sans grand intérêt à première vue. On s’y balade deux bonnes heures, avant d’aller bouffer une pizza et de rentrer se reposer.

On se détend devant le 5e élément qui passe justement à la télé, au grand plaisir de père dont c’est le film préféré, puis ce dernier, commençant à sentir le contre-coup d’hier soir, s’endort comme une masse.

Il est un peu plus de minuit à l’heure où j’écris ces quelques lignes. On est deux degrés au dessus du cercle polaire, et dehors, le soleil brille comme s’il était midi.  Je suis descendu à la réception pour avancer un peu sur le site, j’en suis déjà à mon cinquième café…  Je sais pas ce que vous feriez, mais moi, être ici, ça me fait du bien, ça me donne envie de fixer l’instant et de m’offrir une petite nuit blanche.