Inuvik

Nuit blanche, soleil 24/24. Aucun moyen de distinguer la nuit du jour ni le jour de la nuit, ma seule référence, ce sont ses ronflements. Calamité! Comment mère a-t-elle pu supporter ça pendant 30 ans?

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J’ai passé la soirée, la nuit, et bien plus encore, à la réception de l’hôtel, à écrire des conneries et discuter avec Paul, le réceptionniste. Puis, à 8 heures du mat, après avoir déjeuné, je suis quand même allé dormir…

Je me lève vers 14h et rejoins père en ville. Il a l’air contrarié, il a l’impression que j’essaie de l’éviter. Je lui explique que c’est pas vrai, que je suis juste arrivé à un point de non-retour point de vue sommeil. J’ai tellement d’heures à rattraper qu’il faut que je trouve un moyen de dormir, et le seul qui me convienne pour l’instant, c’est de le faire quand il est hors de la chambre.

Soit! Aujourd’hui, il y a un grand rassemblement en ville, c’est le solstice d’été, le jour des Inuits. C’est dingue quand on y pense, être quasi au pôle Nord un 21 juin.

Finalement, je crois que c’est un mode de vie qui me plait assez bien. Je veux dire, vivre dans la lumière du jour. Je me sens capable de faire des siestes à n’importe quel moment de la journée, et vivre la nuit s’il le faut, pas vous?  Je suis sûr qu’il y a vite moyen de trouver son rythme, sans forcément suivre celui des autres… Bon, of course, le souci reste l’hiver – où il fait noire pendant 6 mois – mais, après tout, rien n’empêche de descendre 6 mois au pole Sud, si?

Soit! Dans le grand parc de la Sir Mackenzie School, c’est la fête! Un rassemblement d’Inuits, venus d’un peu partout, fêtent l’Aboriginal Day, leur fête nationale en quelque sorte. Au programme: concours de gâteaux, concerts, danses traditionnelles, cuisson de poissons au feu de bois et thé à l’ancienne. Le tout sans alcool ni drogue, dans une ambiance plus que bon enfant.

Mon père y est depuis plusieurs heures. Il s’est assis sur les gradins et plisse des yeux dans le soleil brûlant de l’après-midi polaire. Je passe une heure avec lui, tantôt assis à ses côtés, tantôt à faire des tours au milieu des gens et à tenter de faire des connaissances, mais ça marche bof. Soit c’est moi qui ai pas trop la tchatche, soit c’est eux qui sont fermés aux autres… J’ai l’impression que c’est un peu les deux.

Après quelques essais infructueux, je finis par me décourager et quitter la fête. Je m’octroie un petit arrêt dans un resto take-away où ils font des « donair », équivalent des « doner » chez nous. 13$ le donair, c’est pas donné quand même, surtout que l’endroit est puant et le patron, un syrien, assez douteux, sent plus les dessous de bras que la kebap. Encore une fois, je pense à ce cher Murat…

Mon donair et moi partons donc en pique-nique sur les rives du Mackenzie. On y restera une bonne heure, moi couché dans l’herbe, et lui au fond d’une poubelle, avant de se dire adieu.

Je continue seul. Un couple essaye désespérément de mettre un bateau à l’eau. Un petit coup de main, sir?

Mon rôle est simple, il suffit de tenir la corde fermement pour pas que le bateau foute le camp vers l’océan. Ils sont contents, montent sur leur bateau, et me lancent une canette de soda glacé en récompense.

Je retourne vers la fête Inuit. Le concours de gâteau a fait place à un concours de danses traditionnelles.

L’ambiance est à son paroxysme, mais papa, lui, a disparu… Je reste un peu, à le chercher du regard, puis remonte doucement vers l’hôtel pour une sieste bien méritée.

Quand je me réveille, père est rentré et ronfle à côté. Je tente dix minutes de méditation, puis, une fois mes forces mentales épuisées, souffle un bon coup, m’arme de mon portable, et descends à la réception pour commencer ma journée. Il est 2h du mat, l’avion pour la prochaine étape, Dawson, décolle à midi.

Ca me laisse 10h de rab, 10h pour rattraper un peu le retard sur les news. Ca devient pénible ce site… J’aimerais bien condenser un peu plus, parvenir à me tenir à l’essentiel, mais j’ai du mal, je vois pas trop comment faire… Tout ce texte – au final fort plat – commence à m’épuiser, et puis je commence à en avoir marre de parler de moi et encore de moi! Si vous avez une idée, surtout svp, partagez-là… Faut vraiment que j’adapte tout ça, avant que je ne me décourage.

6 réflexions au sujet de « Inuvik »

  1. Surtout ne change rien!
    Pour moi c’est parfait et je suis certaine que je suis pas la seule à penser ça.
    Comme je te l’ai déjà dit, j’adore ta façon d’écrire et je dévore tes histoires qui sont démentes!
    Alors ne change rien! 🙂
    Biz

  2. continue comme cela c’est super agréable a lire, les photos sont très belles mêmes si cela te prends du temps .on pense bien a vous et on voit que papa a tjs le meme vice.

  3. ne change rien du tout, vraiment !
    c’est toujours aussi agréable de te lire !

  4. Oui effectivement faut vraiment que tu arrêtes ca devient trop lassant!

    . . . . .

    Non, bien sur que non! Jdéconne. Continue comme ca! Ca te donne l’impression de te lasser mais c’est tout bon. Tu relates l’histoire à la première personne, ca a tout son charme même si ca paraît un peu lourd à la fin pour toi.

    Je reviens du village gaulois, fait mourrant ici il est minuit et il fait encore 26° j’en peux plus…

  5. J’adore ! tu me fais trop rire , surtout cette dernière news
    en même temps si t’es fatigué, personne ne t’empêche de prendre des vacances, t’es là pour ça après tout
    pourquoi pas les boules quies rester zen malgré les ronflements ?

  6. Non, c’est vrai Maurizio … ne change rien, je dévore tes péripéties chaque fois que tu mets les news à jour !!!
    Je trouve celà extraordinaire ce que tu fais … Et dis toi, que plus tard, tu seras bien content de retrouver toutes tes news de ton expédition et ça c’est vraiment le pied !!!
    Pour les photos, chapeau!
    Allez, profites en bien (et je pense bien à toi, car je suis actuellement en Finlande pour le travail et il fait plein soleil aussi … même la nuit.
    Bonjour à ton père également de ma part et de Christelle bien sûr

    Bon voyage et j’espère que tu ne rencontreras pas trop de loup … lol 🙂

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