Dawson City

Ce qui fait toute la différence au Bombay Peggy’s, ce n’est pas uniquement le décor victorien ou le joli sourire de la patronne, non, c’est aussi et surtout le fait que dans le package habituel savon-shampoing de la chambre, on trouve, outre un petit nécessaire de couture, une extrêmement utile paire de BOULES QUIES.

Waouw, cette nuit fut magique! Même en m’étant endormi pas loin des 4h du mat, j’ai dormi comme un prince. Pour être sur de ne pas trop demander à mes nouvelles amies, je me suis même éloigné au maximum de la source de pollution sonore nocturne, en me couchant dans le sens opposé, c’est à dire mes pieds puants dans la bouche de Père.

A 10h du mat, celui-ci me secoue et, assis sur le bord du lit, attend que je m’active. C’est trop bête, je suis si bien, tout ce que je veux, c’est dormir, dormir encore, et qu’on me foute la paix! Il finit par abandonner et partir en solo en ville, et moi repartir dans une série de rêves tous aussi fous les uns que les autres, bien colorés et en dolby surround svp. Ce sera finalement la femme de chambre qui, vers midi, fera office de réveil définitif en ouvrant et refermant aussitôt la porte, avec un « I’m sorry » plutôt sincère d’avoir aperçu mon svelte corps en calbart sur le grand pieu.

Père revient, et je lui confie l’importante mission d’aller nous chercher des sandwiches, pendant que je prends une douche et m’habille. On les mangera quelques minutes plus tard, au bord de la rivière. Deux tartines triangle au bacon, fromage et crudités, rien de tel pour bien démarrer la journée.

Cette journée pendant laquelle on ne sait d’ailleurs pas trop quoi faire. En effet, à Dawson, ce qu’il faut voir ce sont surtout les anciennes rivières où se sont amassés les chercheurs d’or lors de la ruée, mais le problème est qu’elles sont bien loin… La seule solution pour les visiter serait de demander à la vieille hippie de nous y conduire pour 40 autres dollars, autant vous dire tout de suite qu’il en est hors de question.

Puis, tu sais papa, Robyn m’a confié hier soir que c’était pas si exceptionnel que ça, les rivières aurifères, et que d’après elle, on ferait mieux de prendre le ferry, de marcher un peu le long de la rivière et d’aller voir les workships, ces anciens bateaux qui amenaient les matériaux dans la ville à l’époque de la ruée, aujourd’hui échoués et laissés a l’abandon.

Nous décidons donc de suivre ce conseil, traversons le Klondike, et passons à travers un camping de plusieurs kilomètres de long, pour enfin finir sur une petite plage à quelques kilomètres en aval de la ville proprement dite. L’endroit est super zen, on s’y pose un bon bout de temps avant de rebrousser chemin vers le centre. Bon, on aura pas vu les fameux workships, mais après tout, on peut toujours faire comme si auprès de Robyn. (on pourrait le faire croire ici aussi d’ailleurs, estimez-vous heureux d’avoir la vérité, et rien que la vérité)

Soit! De retour en ville, on essaye de prévoir un peu la suite du voyage, les options sont nombreuses, et rien n’est facile à organiser. On finit par opter par un retour à Vancouver comme prévu, puis pour un voyage en train de 3 jours jusque Prince Rupert, d’où on prendra un ferry pour l’île de Vancouver, qu’on pourra traverser en voiture du nord au sud, avant de reprendre un bateau pour Vancouver et rentrer. Je commence les premiers bookings pendant que papa se promène, puis on se retrouve pour manger au même SourDough’s Bar, un vieux fish & chips, soit bien moins sainement que la veille.

On continue la soirée par un petit verre au pub du Bombay Peggy’s, où Robyn et ses amies participent à un concours de Trivia, sorte de Trivial Pursuit, qui nous aurait bien tenté aussi si l’inscription au jeu n’avait pas coûté 20$. Je commande un « red martini » qui se révèle être en fait du gin avec une olive, le tout pour 8,75$, mais bon… Martini veut apparemment dire cocktail en anglais, je le saurai pour la prochaine fois.

Qu’à cela ne tienne, ce soir est notre dernier soir dans la ville des chercheurs d’or. Il est bien entendu que je ne veux rater le show du casino sous aucun prétexte. On se dirige donc vers le casino, il est bondé, le peuple est comme fou, il joue sans arrêt, jeton après jeton, de vrais malades. Et tout ça pour rien, car, d’après Père, les gens ne vont jamais à la caisse que pour acheter des jetons, et jamais pour en encaisser… En d’autres termes, ça gagne pas des masses!

Le show va bientôt commencer, je m’assieds à la première table devant la scène. Père refuse à plusieurs reprises de me suivre et part se cacher derrière un pilier pas loin du bar. J’ai bien un doute, mais j’attends de voir…

Le show démarre en musique, les danseuses sont pas mal, mais ça ressemble quand même fort à un spectacle de fancy-fair, du moins jusqu’au moment où la mère maquerelle descend en chantant dans la foule, fonce sur la table à côté et fourre la tête chauve d’un gars entre ses deux seins xxl. Puis, elle le repousse et s’avance vers moi…

Mes doutes sur les raisons de la discrétion de Père sont confirmés! Heureusement pour moi, elle se contentera d’un clin d’oeil et d’un « Hello Sherry », avant de foncer sur mon voisin, et l’emmener sur la scène pour un enlèvement de jarretelle avec les dents! Autant dire que je l’ai échappé belle… Papa, lui, est plié en deux!

On bouge à la fin du show. Dehors, on croise Robyn qui nous conseille d’aller boire un dernier au Westminster, alias le Pit’s, où un petit groupe va bientôt commencer à jouer. On s’y fait un billard en attendant le concert…

Et pour un concert mes amis, c’est un concert, les « Gordie Tentrees » déchirent tout. Du country au jazz, en passant par la balade, ils assurent comme un tout grand groupe. Le barbu timide assure à mort à la guitare, pendant que le chanteur, plus sûr de lui, conduit le mouvement et que la bassiste, jolie blonde un peu bourrée, attire mon regard. Je suis conquis par le groupe et commence à être chaud. Papa aussi, il part commander 2 bières pendant que je passe en mode caméraman : close-ups des doigts du barbu, des cordes du chanteur, des cheveux de la blonde, etc. Je suis à 3cm avec le Lumix, mais ils ont pas l’air d’être dérangés.

Au contraire, ça va me permettre de lier connaissance, d’obtenir leur email perso pour envoyer la vidéo, et surtout celui de la blonde qui, me semble-t-il, est fort souriante à notre égard, depuis qu’on a franchi la porte de ce café. Elle s’appelle Jennie, et est d’origine polonaise, elle n’est dans le groupe que depuis un mois, et bosse comme charpentier pendant la semaine. Elle est vraiment ultra sympa, discute avec mon père, qui, très chaud lui aussi, discutera longtemps avec deux tapettes allemandes un peu plus tard, dont un aux yeux de biche, etc etc. En gros, on s’amuse comme des gamins, la soirée bat son plein, et le concert, lui, dure jusqu’à la fermeture, 2h du mat, un vrai régal. (sorry pas eu le tps de faire de montage, voila une video brute)

Jennie me dit d’aller coucher mon père et de revenir les voir, qu’ils vont ranger les instruments etc, et sûrement chipoter encore un peu. Je suis crevé, mais bon… Je borde mon père en chère soeur sous sa couverture et repars vers le bar. Il y a bien de la musique à l’intérieur, mais tout est fermé. J’ai beau tambouriner aux portes, aux fenêtres pendant de longues minutes, rien n’y fait. A un moment, le serveur me voit à travers la vitre fumée, et s’avance comme pour m’ouvrir… Mais non, cet enfant de salaud se contente d’abaisser le store sous mon nez…

Dégoûté, je marche un peu, puis rentre à l’hôtel rejoindre Père sous les couvertures… Après tout, faut savoir arrêter à un moment, non? Et cette soirée était plus que géniale, alors sois raisonnable et repose toi un peu mon gars (ou tu finiras comme le frère Grimm, dixit Pépé)…

Une réflexion au sujet de « Dawson City »

  1. Ca devait vraiment être une super soirée !

    J’imagine bien ce que tu as du penser en voyant cette charmante bassiste 😉
    By the way, je veux la même guitare que le chanteur/guitariste !

    Plus de vidéo Jérôme !

    Seb

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