Whitehorse

Journée de merde en perspective… Réveil à midi pour moi contre 9h pour père…  Il a été faire son tour de ville pendant que je dormais, puis m’a rejoint à l’hôtel pour la suite de la journée. Au programme touristique aujourd’hui, il y a en premier lieu la fameuse église en tronçons de bois de 1900, où on ne fera qu’entrer/sortir, car l’entrée est payante.

Ensuite, on se bouffera un subway dégueu, et on fera le tour de la ville pour trouver un quelconque moyen de se connecter à internet, sans succès… C’est qu’il faut qu’on booke la suite fissa, sinon pas de bateau à Prince Rupert le 30, et pas sur d’avoir un lit dans lequel dormir à Port Hardy.

Sinon, on avait dans l’idée de visiter le SS Klondike, le fameux bateau à aubes légendaire, mais tout bien réfléchi, la vue de l’extérieur nous contentera. Après tout, les portes des cabines sont ouvertes, et de loin, on voit plus ou moins à quoi ça ressemble. Quant à la petite histoire, elle sera de toute façon en anglais, ce qui n’arrange guère Père qui a du mal à suivre le rythme auquel les canadiens manient la langue de Shakespeare.

On reste quand même un bon bout de temps près du Klondike, et je m’octroie une petite sieste dans l’herbe, pendant que Père tente de battre son record de ricochets dans la rivière…

Puis, on repart déjà vers le motel… Rien à faire, mais la ville est vraiment naze! Dehors, devant la chambre voisine, deux hommes discutent devant une bière, une sorte de vieille bête avec un chapeau de paille, et un autre plus jeune, qui écoute plus qu’il ne parle.

L’homme au chapeau, très vite surnommé « la vieille bête au chapeau », énerve de plus en plus papa. Il faut dire qu’il boit bière sur bière, qu’il crie de plus en plus fort, et qu’il accoste tout le monde… A un moment, il va même tenter l’impossible : demander une cigarette à mon père! et recevra pour toute réponse une pure et dure ignorance.

Le soir arrive déjà, rien fait de la journée, à part réserver la suite du voyage à la réception de l’hotel qui s’est finalement révélée être équipée d’un réseau wi-fi. Ah si, je me suis rasé, il était temps, j’ai fini par craquer et acheter un rasoir jetable qui fait aussi office de tondeuse si on y insère une petite pile. Je suis donc tout frais pour faire un tour ce soir.

Je décide d’aller écrire la journée au Flipper’s. Ce soir, c’est un autre groupe, ils jouent du Jackson. Je me plonge dans mon carnet sans même en relever la tête pour applaudir quand un morceau est terminé… Heather débarque. On sort s’expliquer dehors une minute.

– « I’m sorry for yesterday, I just changed my mind », me dit-elle.

Salope va! Je lui fais un peu la morale, puis elle s’excuse encore, et on retourne au bar chacun de notre côté, avant que je me casse pour éviter les mauvaises ondes.

Je passe devant un café dont c’est l’ouverture aujourd’hui, le « Capital Suites ». Le serveur se fout de ma gueule quand je lui commande une sleeve de bière à 4$, sorte de petit verre de 20cl hollandais, habituellement réservé aux chochottes ici… Je bois ma sleeve quand même. Je parle 5 minutes à un russe ultra lourd à ma droite, puis une fille aux zolis zyeux s’approche…

C’est Katie (décidément), une fille de Vancouver, revenue voir sa famille pour l’été. Elle est entourée de toute une bande de donzelles. Je me fais présenter à tout le monde, et explique séparément ce que je fous ici à chacune. La première a droit à l’histoire complète, le truc avec mon père, la traversée à vélo etcc et la dernière a juste droit à « I’m a tourist », comme quoi ça devient vite chiant de raconter 10 fois la même histoire.

Après que toutes ses amies soient passées aux infos, Katie revient. Elle est un peu jeune, mais vraiment jolie, elle m’avoue qu’elle trouve qu’on devrait s’embrasser! Rooooh! Soit! Le temps passe, et à 1h du mat pile, le serveur gueule un coup! Le bar ferme, tout le monde dehors! Super l’inauguration!

Katie me propose de les suivre, elle, sa soeur Alex, et son copain Graham. Je monte dans la voiture, 2 autres filles se planquent dans le coffre, et se font déposer un peu plus loin. Ils sont tous saouls, sauf Alex qui conduit, et moi qui subis. Je commence à stresser, la voiture sort de la ville et s’enfonce dans la campagne, vers leur maison…

Ce soir, je suis le petit joujou de Katie! Elle compte me ramener et me faire dormir chez elle! Ah, maintenant, elle me saute carrément dessus à l’arrière!!! Je la repousse et explique que j’ai un avion à 6h du mat, qu’il faut absolument que je retourne en ville!

« 6h? T’inquiète pas qu’elle me dit, voilà, je mets mon réveil à 4h! ». Ils comprennent pas! C’est pas que j’ai pas envie de rester avec eux ni de « dormir » là-bas (même si impression étrange d’être traité comme un morceau de viande), mais j’ai surtout pas envie d’encore faire stresser mon père pour demain, et puis… ils sont quand même un peu loins, non? Quid si demain, personne ne s’éveille et que je rate l’avion? Non, non, aujourd’hui, je rentre, c’est décidé!

Katie râle! Elle aurait bien voulu que son beefsteak reste avec elle! Du coup, fini les folies, elle reste sagement assise sur son siège à bouder! Ils me déposent à l’hôtel, je lui dis que je lui écrirai, pour qu’on se voie à Vancouver… Elle s’en fout et reclape la porte!

Clé dans la serrure, mon père est nerveux, il dort pas! La vieille bête au chapeau fait encore du bruit, parait-il. Je sens qu’il va être de sale humeur demain…

Moi, en tout cas, j’ai mon compte, je suis épuisé par ces histoires de filles de comptoir!  Je m’endors en 3 min chrono, pendant que papa, lui, zappe et zappe en boucle les 120 chaînes de la télé, en pestant toutes les 10 secondes sur l’homme au chapeau, qui vient de se faire couler un bain et fait un ramdam pas possible dans la chambre d’à côté.