Port Hardy – Courtenay

Mercredi 1er juillet, Canada day, fête nationale! James nous réveille aux aurores pour son parait-il célèbre déjeuner maison. Il commence à faire chier, lui! Après tout, pourquoi 8h? On a bien le temps, nous! On doit juste prendre livraison d’une voiture de loc à midi à l’aéroport!…

Père monte le premier à la cuisine, pendant que je prends ma douche en grommelant, avant de les rejoindre. James trépigne, à peine assis, il nous sert son super déjeuner! Oeufs pochés, lard, pancakes au sirop, jus d’orange et café, un régal! On apprend qu’on est les derniers à manger, les autres clients sont partis encore plus tôt avec le bateau du matin.

Au fur et à mesure du déjeuner, James commence à se détendre…  En fait, il est sympa! Il téléphone pour nous chez National, la société de location, por essayer de nous obtenir un meilleur prix, et propose de nous y conduire pour qu’on évite les frais de taxi. Il faut dire que je lui ai avoué que je trouvais son b&b fort cher par rapport à tout ce qu’on a vu jusque maintenant… et que, « même si c’est vrai qu’avec un déjeuner pareil ça vaut le coup, je dois quand même faire attention de ne pas claquer tout mon pognon pour l’année qu’il me reste à tenir ici. »

On part se promener une petite heure dans la petite ville pendant que James fait les chambres de la maison. Sur le chemin de la plage, on croise les Tintin qui courent pour attraper le Greyhound pour Victoria. Le bord de mer est limite idyllique, avec sa plage (de galets, mais bon) et son petit ponton s’avançant dans le bras de mer. On s’y pose, on y resterait bien des semaines… mais le temps passe, il est déjà 11h, l’heure pour James de prendre sa voiture, de nous faire faire un petit tour des lieux, avant de nous déposer pile devant le bureau de location, à l’aéroport.

On emporte la voiture de loc et on s’arrête un peu plus loin sur une grande plage en dehors de la ville que James nous a indiquée. Tout le monde s’y est réuni pour le Canada Day, la police montée y défile en uniforme, et l’ambiance est familiale, avec des jeux pour enfants et des burgers à volonté.

On commence à descendre vers le sud de l’île, en direction de Victoria. On a 2 jours pour parcourir les 500km qui nous en séparent avant de devoir rendre la voiture, ça devrait être largement possible. Un peu plus loin sur le chemin, un panneau indique « little huson caves », un gars à l’office du tourisme de Port Hardy nous en a parlé ce matin, il parait que c’est superbe…  On n’hésite pas et on engage la voiture sur le petit chemin de gravier… cata! On la dégueulasse en 5 min à peine avec le nuage de poussière qu’on laisse derrière nous! Papa s’énerve… Et il est pas au bout de ses peines : plus loin, la route devient un chemin de terre, où une jeep seule pourrait passer.  Pas moyen de faire demi-tour, tant pis, on essaye qd meme de continuer, jusqu’à ce que le bas de caisse touche 2-3 fois sur des grosses pierres. Ca suffit pour nous faire renoncer et demi-tour au premier tournant!

On repart par la vieille route 19a qui longe la côte, le paysage est sympa, mais on ne fait que 2-3 arrêts, on est bien juste à rouler en discutant… On fait quand même un petit stop au fond d’une baie, menacée de tsunami, protégée par d’anciens navires de guerre rouillés, qui sert d’immense entrepôt de bois flottant.

Je commence à avoir les crocs, et père soif. Petit snack avec terrasse sur la route, parfait! On me demandera quand même ma carte d’identité pour savoir si j’ai plus de 19 ans, chose apparemment obligatoire dans la zone « fully licensed » que représente la terrasse!

Sur le coup de 18h, on entre dans Qualicum Beach, la ville est sympa, on va pas trop tarder à s’arrêter, déjà bien roulé aujourd’hui. Un rapide coup d’oeil sur l’iphone nous montre que les hôtels sont moitié moins chers 20km plus loin, à Courtenay.

On roule encore jusque la, et se on trouve un motel, certes plus très frais, mais où la chambre double est à 60$. La tenancière est une sorte de grosse maritorne joviale et sympa. Je lui ai téléphoné il y a à peine 2 minutes pour savoir s’il lui restait des chambres, et quand on entre à la réception quelques instants plus tard, elle nous accueille en nous lançant un grand « Sorry, no vacancy! », aussitôt suivi d’un gros rire gras « It’s a joke! »

La chambre est plus tout neuve, mais ce qui est génial, c’est que c’est une suite! On aura donc chacun une chambre ce soir, plaisir! L’occasion rêvée pour rattraper toutes ces nuits de ronflements intempestifs! En prévision de la délicieuse nuit qui s’annonce, on part donc en ville se manger un bout. Tout ferme plus tôt aujourd’hui,  en raison de la fête nationale, mais on finit par se trouver un bar un peu chicos, où on se rassasie de bières et de pizzas danoises (on voit toujours pas ce qu’elles peuvent bien avoir de danoises), puis, on rentre sagement, papa dans la chambre avec la télé, et moi dans celle avec le signal wifi, et on s’endort assez vite.