Peachland

Réveil matinal, facilité par le merveilleux petit déjeuner que Jessica a préparé pour le courageux cycliste qu’elle pense que je suis. Oeufs brouillés au lard et jus d’orange, voilà qui va l’aider à bien avancer, se dit-elle! Mais, ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que ce sont mes qualités de belge paresseux qui seront mises à l’épreuve aujourd’hui, car la route est toujours barrée jusqu’à nouvel ordre, et de source sûre, vu que c’est le chef des pompiers en personne qui me transmet l’info à la caserne.

Par ailleurs, le courant est toujours coupé, aucun magasin n’est ouvert. La ville est morte, à l’exception du parc qui accueille le petit marché du dimanche. Je m’y balade à mon aise, faisant connaissance avec la moitié des exposants et passe la journée sous les arbres du parc, à glander et upoader quelques news. Je me sens bien, rien ne me presse, après tout, il y a de pires endroits que ce petit paradis pour être bloqué, pas vrai?

Fin d’après-midi, je me décide à plonger une tête dans le lac, je saute du ponton et nage immédiatement vers la plage, ce qui fait bien rire Lee, qui trempe ses pieds au bord du lac, hésitant à se lancer dans l’eau. On parle longtemps tous les deux, le courant passe bien, il me propose de camper chez lui ce soir, en haut de la colline. Ca me tente, mais d’un autre côté, j’ai eu l’autorisation des pompiers pour camper sur la plage, c’est que ça se refuse pas une autorisation pareille! Sa famille et ses amis le rejoignent, Lee doit partir, mais Shirley et Hervé, un commandant de l’armée française qui revient de deux ans à Tahiti, m’invitent dans l’appart de la grand-mère de Shirley pour un verre et une pizza, plaisir! Je parle longtemps avec Hervé, de la France, de bouquins, bref d’un peu de tout, avant de les remercier et repartir vers le centre.

Il fait presque nuit, c’est le moment idéal pour monter ma tente, et pas n’importe où s’il vous plait! Quand on a l’aval des pompiers, on peut se faire plaisir, et se permettre un peu de provoc…

Quelques mobilhomes et une famille en tente sont pas loin, circonstances obligent. Le courant est revenu, mais le vent, lui s’est arrêté, la ville est calme, et je m’apprête à m’endormir au bruit des vagues quand un bruit strident me fait sursauter. Pssshhhht! Merde, c’est les arroseurs automatiques! De vrais karchers, et droit sur la tente en plus. Je sors en catastrophe et les tourne tous vers la route.

La famille qui campe un peu plus loin a choisi une autre solution : démonter la tente sous les jets d’eau. Je les vois courir en slip dans le noir, faire des aller-retour à leur voiture avec des matelas et des couvertures. Je pars a leur rencontre leur proposer un coup de main, ils sont trempés (et furieux)! C’est trop drôle, mais ils sont trop cons! Je rigole tout seul pendant une bonne demi-heure, le temps que l’arrosage soit terminé, avant de m’endormir et de passer une des meilleures nuits de ma vie… Can’t wait to be tomorrow morning pour me réveiller face à l’eau.

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