Roger’s Pass – Golden (95km)

8h, le réveil est dur, on a été dormir pas loin des 2h du mat hier soir. J’entends un peu de bruit dans la chambre d’à côté, c’est Kailey qui se lève. Elle bosse qu’à midi, mais elle est habituée à se lever tôt. Je me rendors… Elle me réveille une heure plus tard, petit déj sur la table, quel accueil ! Mieux qu’à l’hôtel for sure! On déjeune ensemble, elle m’aide à descendre le vélo dans les escaliers et on se quitte d’une bonne vieille bise à la belge et d’un hug canadien « soft version » n’en déplaise à mon dos toujours cramé.

Je m’apprête à démarrer, bourré d’énergie. L’objectif d’aujourd’hui, c’est Golden, à 90km. D’après un groupe de cyclistes arrêtés devant l’hôtel, la route va pas être facile facile. Non, le mieux qu’ils me disent, c’est que je profite à fond de la belle descente que j’ai devant moi, pendant 15km, histoire d’avoir le moral pour les côtes et les cols consécutifs qui s’annoncent.

La descente est phénoménale et interminable, un pur bonheur. Je pourrais monter au dessus des 60km/h, mais j’ose pas : le guidon tremble et le bord de la chaussée est couvert de gravillons. Puis, la route est assez dangereuse par moments, à cause de la circulation bien sûr, mais surtout à cause de quelques tunnels bien sombres à l’entrée desquels des panneaux indiquent aux conducteurs d’enlever leurs lunettes de soleil.

Tout en bas de la côte, un cyclotouriste pousse son vélo dans le sens de la montée, seul. Je traverse. C’est Francis, un québecois parti de la côte Est il y a quelques mois et qui tente d’arriver à Vancouver.

On fait le même voyage à la différence près qu’il est presque au bout, lui! Trop content de rencontrer un biker, un vrai de vrai, et qui parle français en plus! Mais on a pas beaucoup le temps de discuter, et déjà on se quitte en se souhaitant bonne chance, c’est qu’il est parti de Golden ce matin et veut arriver à Revelstoke avant la nuit! Un vrai fou! Il a déjà fait 90km et il est à peine 11h…

Je reprends la route et me rends vite compte que la règle d’or selon laquelle tout ce qui est monté doit redescendre, fonctionne aussi bel et bien dans l’autre sens. Je déboule donc à fond de balle dans la vallée Beaver, m’offre une pause barre vitaminée (offertes par my new friend Kailey ce matin), un délice, puis j’attaque.

Il reste une soixantaine de kilomètres jusque Golden, je suis bourré d’énergie comme jamais! Je fais la route d’une traite, sans poser le pied ou presque, sauf pour changer d’heure.

Je crève pour du bon, mais étonnamment, le vélo flotte sur la route, les côtes les plus hard défilent sous mes roues à du 20km/h, j’en reviens pas! Commencerais-je à avoir du muscle? Ou alors serait-ce simplement le petit déjeuner vitaminé de Kailey?

Golden n’est plus qu’à 7-8km, mais ça devient dur! Mon dos me brûle, j’ai soif, j’ai faim, j’ai envie de fumer, bref, je me plains! J’ai envie que d’une chose, un bon coca bien frais! Et plus j’y pense, moins j’ai envie d’avancer! J’ai beau tenter les méthodes bouddhistes (qui consistent à apprécier le fait que la situation difficile que l’on vit a une limite finie dans le temps), mais ça marche pas aujourd’hui, vraiment pas!

Bon, enfin, me voilà à Golden. Je tiens à peine debout, il est tôt: 16h. J’ai roulé vite, trop vite, sans assez de pauses, sans boire assez. J’entre chez A&W et commande une mug glacée de coca. Je m’en bois 2 coup sur coup (1,2l au total), jamais eu aussi soif. Je m’affonne une autre bouteille d’eau dans une station-service, et descend vers la ville, dans l’idée de chercher un endroit où crécher.

Le camping est à 20$, la patronne est désagréable, je paie, puis me fais rembourser 5 minutes plus tard: l’emplacement est en pente et c’est du gravier, faut pas rire non plus!  Je m’arrête dans un bar du centre-ville, fais la connaissance de Ben & Annette, un couple de la région qui se font un week-end camping-car et qui projettent de faire un tour du monde à vélo l’année prochaine.

Il se met à dracher, que faire? Pourquoi pas s’offrir un peu de luxe bon marché? En tournant un peu et en demandant à droite à gauche, je finis par tomber sur un b&b au dessus d’un resto chinois. La chambre est pas chère, j’allume l’aclim, m’y installe et continue dans le luxe en m’offrant un bison burger et un verre de rouge dans un bar lounge, plus attiré par Mégane, la serveuse, que vraiment par l’endroit…

Une réflexion au sujet de « Roger’s Pass – Golden (95km) »

  1. Super la google map, on réalise mieux la difficulté de ton trajet!

    Courage!

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