Field – Banff (90km)

C’est Brady et Isabelle qui s’éveillent les premiers vers 7h, ils doivent partir travailler! On déjeune ensemble de tartines de beurre de cacahuètes. Le canapé était agréable, mais j’ai pas super bien dormi: un chat qui miaulait sans arrêt à l’extérieur, à qui j’ai fini par aller ouvrir la porte, et qui, deux minutes plus tard, miaulait de nouveau pour ressortir. Il a continué son petit jeu toute la nuit, la sale bête!

Bref, Isabelle me lance un afond jus de fruit pour commencer la journée, juste histoire de me prouver qu’elle aime bien la Belgique! Je recharge ma batterie externe d’iPhone (cette phrase a son importance), lis mes mails et prépare mes affaires en attendant que Jess et Emilie s’éveillent. Je les regarde déjeuner de bagels chargé d’oeufs et de fromage, puis elles partent travailler et je démarre, après un dernier petit tour au café pour remercier Brady et Isa. Vraiment passé un bon moment avec tous et toutes, j’espère avoir l’occasion d’en recroiser certaines on my way to east coast.

Je prends la route qui longe la vallée avant d’attaquer les montagnes et regarde, non sans regrets, le petit village de Field s’effacer petit à petit derrière moi. J’aurais voulu rester plus longtemps je crois…  Soit, pas le temps de rêvasser, Il est tôt, maiis la route va être longue aujourd’hui: 30km de montée ininterrompue jusqu’au Lac Louise, puis soixante plus raisonnables jusque Banff.

Dans l’immédiat, il est temps de se lancer à l’attaque de la Kicking Horse pass, la vraie cette fois-ci! Je repasse devant le point de vue des tunnels en spirale, petit moment de nostalgie en repensant au beau voyage avec pépé, puis, grimpe le tout d’une traite jusqu’à un Lodge près d’un lac, où je fais une pause devant un café offert par le serveur du resto, un jeune australien venu bosser ici pour l’été.

Un peu plus loin, dans le parc Yoho, je passe la frontière de l’Alberta, et en même temps la barre des 1000km parcourus. Bye bye B-C, alias the best place on earth… Un cinquième du voyage est déjà loin derrière. A y repenser, ça a été vite quand même, non?

Lake Louise se rapproche, je me souviens de la route… Voilà le lake louise village, je le traverse sans m’arrêter, c’est juste un repaire de magasins bidons pour touristes! Aller jusqu’au lac Louise, ça veut dire faire un détour de 4km par une route de montagne en lacets, mais je n’hésite pas, trop envie de le revoir!

J’attaque la route en lacets, ça c’est du col, du vrai, comme dans les Alpes. Il n’est que midi, fait pas trop encore chaud, mais qu’est ce que je crève! N’empêche que j’ai ma récompense quand j’arrive au Lac… je suis en nage, mais c’est le bonheur… Le lac n’a pas changé, toujours aussi beau, toujours planté dans le même décor, avec le même stupide hôtel de béton qui se veut grand palace et les mêmes touristes friqués ou moins friquées qui prennent leur bête tronche en photo devant l’incroyable bleu turquoise.

Je m’installe au bord, prends quelques photos et repère une fille assise seule. Je l’accoste, elle vient de Winnipeg et est en vacances ici avec ses parents. Je lui propose de nager, je sais pas si c’est permis, l’eau est absolument gelée, mais après tout, c’est faisable, et on reviendra sûrement jamais ici, alors autant en profiter. Elle nagera pas, mais est d’accord pour immortaliser l’instant, c’est déjà ça!

Je me lance! 5 minutes, pas plus, c’est vraiment trop froid! Sur la berge, des gens applaudissent, et les chinois font crépiter leur flashes, c’est mon heure de gloire du jour!

Pour fêter ça (et me sécher dans les toilettes), je m’installe à la terrasse du château, devant un burger à 16$, avant de reprendre la route.

La descente est vertigineuse, phénoménale, je vole littéralement sur la bitume, en en prenant toute la largeur. Les voitures n’ont qu’à attendre un peu, après tout, je suis presque à du 60 à l’heure, ça fait un peu tour de France à cette vitesse… Et ceux qui klaxonnent, je leur réponds d’un doigt d’honneur, je les emmerde ces voitures et ces maudits camping cars, je commence à les haïr pour de bon.

Je sais, je suis obtus, mais faut me comprendre. Sur la route, c’est l’enfer. Le paysage est magnifique et j’ai envie de tout sauf de bruits de moteurs et de fumées de pots d’échappements. Tous ces milliers de bagnoles qui me dépassent chaque jour, je vous jure que ça fait peur! Et puis, pour aller où? Pour faire quoi? Pour immortaliser leur face d’amerloque en face du lac Louise? Tant de pollution… pour si peu! Juste pour le plaisir de leur petite personne.

Je sais, j’exagère, mais je les hais! Je hais ce tourbillon dans lequel le monde entier s’est rué et qui fera qu’on pourra bientôt plus respirer (sans l’aide de poumons bioniques). Je n’ai pas de permis et je ne compte pas le passer, j’ai déjà assez de vices comme ça, je sais conduire un peu en cas d’urgence, mais ça s’arrête là, je sais que si je passe le permis, ce sera probablement gravir un échelon de plus sur l’échelle de la paresse. Soit!

Je reprends donc la route, vers Banff. Il reste 60km, c’est tout plat ou presque. Je trace. Le soleil brûle mon visage. Il est presque 19h quand Banff se dessine dans la vallée, et je m’offre un dernier arrêt au point de vue des lacs Vermillion, à parler avec Nic, un gars intéressant, un mathématicien qui bosse sur un modèle de prédiction des prix immobiliers, avant de descendre dans la ville.

10 minutes plus tard, je suis devant chez Scott, il est assis sur la terrasse devant la maison, avec 2 amis, à boire des bières et fumer des clopes. Il me reconnait plus ou moins, et en discutant un peu, il accepte de me faire un prix sur 2 nuits, 100$ tout compris! C’est pas cher pour l’endroit, et j’aime encore bien sa maison. Bon, c’est un peu rustique et bonne franquette, mais pas besoin de se tracasser si on fait du bruit ou si on oublie d’enlever ses chaussures.

Et puis, le plus dur est passé, les montagnes sont derrière. Même Scott me l’avoue, il me reste une dernière côte à monter après Canmore, puis ce sera plat plat plat pendant 2500km, jusqu’en Ontario! Je me dis que j’ai bien mérité un peu de repos, et que ce serait  bien que je poste quelques news aussi, histoire de pas m’attirer les foudres de la famille : c’est qu’il y en a déjà un bon paquet qui pensent que je suis mort, écrasé par un camion ou dévoré par un ours…

7 réflexions au sujet de « Field – Banff (90km) »

  1. Clair ça commençait à faire longtemps sans news! Content que tout aille bien 🙂

  2. « un chat qui miaulait sans arrêt à l’extérieur, à qui j’ai fini par aller ouvrir la porte, et qui, deux minutes plus tard, miaulait de nouveau pour ressortir. Il a continué son petit jeu toute la nuit, la sale bête! » -> C’est marrant mais ca me rappelle une histoire…enfin bon!

    Mis a part ca, sympa les photos! On voyage un peu avec toi… 🙂

  3. Salut Jérôme, c’est quand meme dingue comme ton blog nous donne envie, tous les matins la 1ere chose à faire en arrivant au bureau c’est de vérifier si tu as posté de nouvelles news! C’est vraiment super ce que tu fais, profite bien de chaque instant là-bas, et n’oublie pas que nous sommes tous derriere toi.

  4. Renaers, au travail!

    Bonne route mon Jérôme… fut sympa le chat facebook de 3h du mat l’autre soir 🙂

  5. salut jerome je suis la maman de raphael ; il m a fait decouvrir ton site je trouve ca super et je suis fan a 100% ;bon courage pour la suite

  6. @Cedric : What are u talking about? Ca me dit rien moi en tt cas 🙂 Explique please!!!

    @Renaers : Merci pour les encouragements, just makes my day. Tu vois que j’ai bien fait de pas venir a cet entretien d’embauche chez eserv! 🙂

    @ dwel : un chat avec toi mon dwel c’est toujours plaisir, meme a 3h du mat 🙂

    @ yvette : merci, merci 🙂 je promets de faire mon maximum pour veiller sur Raphael qd on se retrouvera aux States le 28!

  7. @ seb : la suite arrive dude, je pensais blogger ce soir, ms me suit fait avoir ds un traquenard! Elle s’appelle Nola… 🙂

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