Medicine Hat

Pour changer un peu, ce n’est pas le chant du coq qui me réveille ce matin, mais bien l’insoutenable chaleur du soleil de midi qui frappe sur la toile de ma tente. Il est tard. Je replie tout et m’apprête à descendre visiter le centre-ville.

Il fait beau pour la première fois depuis une bonne semaine, un grand soleil. Une pancarte m’accueille joyeusement : « Medicine Hat, the sunniest place in Alberta ». La ville est calme et sympa, vieux bâtiments et beaucoup d’espaces verts aux arbres magnifiques.

Je me pose dans un parc, à la base pour 5 minutes, qui se prolongeront finalement jusqu’au soir, un bon roman entre les mains…

Aah ce Philippe Djian, il a le tour le salopard, suffit que je lise sa première page, pour ne plus pouvoir lever les yeux du bouquin avant la fin. Comment fait-il pour lentement et sans que l’on s’en aperçoive, distiller cette drogue à travers chacune de ses pages? Croyez-moi, la recette du maître est loin d’être simple, mais je compte bien investiguer encore et encore, jusqu’à comprendre.

Un couple de retraités m’accoste, d’anciens fermiers de la région, ils font un pic-nic avec deux amis dans le parc, je suis plus que le bienvenu pour un sandwich. J’y reste une bonne heure à discuter agréablement avec mes nouveaux amis, avant de les quitter pour penser à aller remonter ma tente au « gas city », le camping d’hier soir. Il est bien trop tard pour démarrer aujourd’hui, et puis, je me sens bien ici, rien ne presse après tout.

Le patron me fait une réduc pour la nuit, 10$, déjà ça de pris. Ma place d’hier soir est prise, grrr. En cherchant un emplacement pas trop loin d’une prise de courant, je tombe nez à nez avec deux cyclotouristes qui finissent leur repas. Mick et Mikk habitent Toronto, ils sont partis de Vancouver il y a 2 semaines et roulent vers l’Est, un peu le même voyage que moi, excepté qu’ils sont un peu plus courageux : ils vont jusque St-John, la pointe Est du Canada.

On s’entend tout de suite bien, et on se propose mutuellement de faire un bout de chemin ensemble demain. Mais bon, c’est des sportifs, eux, pas des glandeurs, et ils partent d’habitude vers 5h du matin. Cependant, j’ai du bol, car le rendez-vous de demain n’est fixé qu’à 7h devant leur tente : ils doivent faire du linge dans la matinée (moi, j’appelle ça la nuit). Ca me convient, ce sera sympa d’avoir des compagnons de route pour une fois, et puis, on aura tout le temps de discuter sur le chemin.

2 réflexions au sujet de « Medicine Hat »

  1. Philippe Djian, encore lui…il y a 5 ans, tu lisais deja ca…faut vraiment qu’on t’achete un bouquin, un vrai! 😛

  2. Tu m’as donné envie de lire, lire. lire et délire! Je suis tombé sur « L.autruche Céleste » dans la bibliothèque de l’auberge. Merci!

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