Winnipeg

Suzan me réveille pas loin des 9h. J’ai bien dormi, tout seul dans la grande chambre, la numéro 1. C’est de loin la plus agréable de l’hôtel, même si elle reste spéciale : une seule prise de courant à laquelle sont raccordées des dizaines d’allonges, un lit énorme, plus large qu’un kingsize, et 2 fois 2 lits superposés, dont les lits supérieurs sont pliés, comme si un gros fatos s’était assis juste au milieu.

Suzan est assise sur le canapé une guitare entre les mains, et son bol de cheerios sur la table. Je l’écoute jouer de la guitare et chanter tout en sirotant mon café. Elle a une voix qui déchire, et un vrai talent pour l’harmonie. On commence à chanter ensemble, une chanson, puis deux, puis trois, puis on décide de s’enregistrer, etc… Un bon feeling, une toute bonne matinée qui file sans qu’on s’en aperçoive : il est 14h, on a toujours pas bougé, ni mangé…

Enda vient d’arriver à l’hostel, ce qui veut dire qu’elle a fini son service. Parfait, je l’emmène manger un bout à une petite terrasse de l’autre côté de la rue : oeufs, saucisses, lard, tout ce que on aime quoi!

Puis, elle fait crisser les pneus de sa Mini flambant neuve, et me fait faire le tour de la ville, avant de finir au parc. On y restera toute l’après-midi, couchés dans l’herbe, à se raconter nos vies et profiter du temps qui passe.

Elle est pas vraiment belle, mais je lui trouve quelque chose d’attirant, c’est mental je crois, comme une sorte de connexion entre nous, et rien que ça, (excusez mon côté animal), ça suffit amplement pour me donner l’envie de la culbuter dans les fourrés.

Mais c’est sans compter sur Jérôme le juste, qui n’est pas encore vaincu et garde le dessus. Il décide d’y aller mollo, d’apprivoiser encore un peu la créature, jouant consciencieusement avec la limite des rapports amicaux, histoire de prolonger son égoïste plaisir.

Le soleil s’est couché, Suzan m’a redéposé à l’hostel et est rentrée chez elle passer la soirée avec ses vieux. Je retrouve mon pote Mike dans le salon. On reste là jusque bien tard, à bosser côté à côte sur nos ordis et surtout à se taper des fous rires XXL en décrivant à notre manière chacune des pièces de la maison.

Ca parait pas drôle dit comme ça, mais chaque pièce est spéciale, limite digne d’un sketche. Commençons par la cave, aménagée en sorte de luna-park du siècle dernier, sombre et humide à en attraper un rhume et au sol en terre battue recouvert de tapis. Bill y a installé ce qu’il appelle les mini-showers, qui, comme leur nom l’indique, sont plus minis que showers, il y a aussi aménagé deux chambres, qu’on surnommera naturellement « le saloir » (parfaite pour tourner un film d’horreur), et « la chute d’eau » (bruit de chasse de toilettes plutôt inspirant).

Au rez-de-chaussée, c’est un peu mieux, mais à peine. La chambre 3, un dortoir, pue la décharge à plein nez, faut dire qu’il y a un gars qui y dort depuis 2 jours non-stop. S’il ne ronflait pas, on pourrait croire que son corps est en décomposition, un vrai putois. Et puis, la chambre 3A, la prison, MA prison, qui, comme son nom l’indique est attenante à la chambre 3. Ce que l’histoire ne dit pas c’est qu’il faut traverser la chambre 3 pour pouvoir y entrer, et qu’une fois à l’intérieur, l’absence de poignée pour verrouiller la porte oblige à utiliser une vieille boite de soupe en conserve en guise de verrou… Je pourrais continuer pendant des heures, mais je vois bien que ça vous fait pas rire!

Tout ça pour dire qu’on s’est amusé, d’abord avec Suzan, puis avec Mike à donner des noms à chaque pièce de la maison, aussi petite soit-elle. En vrac, et juste dans le but égoïste de m’en souvenir quand je relirai ce texte devant le futur écran d’ordi de mon prochain ex-boulot : « le saloir », « the waterfall », « the prison », « the dumpster », « the Limo » (numéro 1), « Mike’s room », « the princess room », the sun », et j’en oublie, et des meilleures.

Une réflexion au sujet de « Winnipeg »

  1. salut jerome contente d avoir de tes nouvelles et surtout de continuer a lire tes « aventures » je te souhaite beaucoup de courage et n oublie pas qu on (je suppose que je ne suis pas la seule )attend impatiemment de tes nouvelles a bientot

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