Winnipeg

La journée commence mal. Je me suis levé beaucoup trop tard, il est presque 14h! Une fois de plus, c’est Suzan qui m’a sorti de mon coma, une vraie maman. Je me sens bizarre, les yeux qui piquent et le front tiède, j’espère que je ne vais pas tomber malade…

Je m’habille en vitesse pendant que ma nouvelle amie m’attend dans le hall. On a prévu d’aller dîner pour l’un et déjeuner pour l’autre dans un café où elle bosse de temps en temps… Un café, un club sandwich, la moitié d’un muffin… ça va déjà beaucoup mieux!

Suzy commence à bosser chez Bill à 16h, ça lui laisse juste le temps de faire un crochet par l’Hostel International, l’autre auberge de jeunesse de la ville. Il faut que je m’y achète une carte de membre, histoire de bénéficier d’une super réduction sur le Greyhound : un libre parcours de 15 jours pour le prix d’un de 7. Une fois l’affaire réglée, on tue le temps en flânant dans les magasins de photo, à chercher l’oiseau rare : un objectif d’occasion pour Nikon D50 pas cher, introuvable bien entendu!

De retour à l’auberge, j’enfourche mon vélo et pédale jusqu’à l’aéroport, nouvel emplacement du terminal Greyhound, pour obtenir mon ticket pour les States. Départ le 27 tôt le matin (7h37 au matin), arrivée le 29 tard le soir, soit 2 grosses journées de bus non-stop. Plutôt un long voyage, mais qui devrait valoir le coup, du moins je l’espère.

Je rentre à l’hostel tout excité, agitant fièrement mon ticket de bus sous le nez de tout qui je croise. Ca y est, je vais au Burning Man! Dans la pièce commune, quelques nouvelles têtes : un couple, Alan et Nela, qui se marie demain et qui cherche encore un témoin, puis Séba, un hollandais de 19 ans, qui fait un peu penser à mon frère Lulu. On s’entend tout de suite bien lui et moi, un peu comme si on venait du même pays. C’est con ce patriotisme, mais ça marche! Ah oui, et il y a George aussi, un petit écossais aux gros bras, qui commence à bosser demain dans une entreprise de roofing et va vivre à l’auberge le temps de se trouver un appart.

Bref, on passe la soirée à quatre autour de la table de la cuisine : Mike sur son ordi, Suzan avec sa guitare, et Séba avec son harmonica. On tente de pousser la chansonnette pour dire d’avoir une sorte de cadeau pour le mariage, mais c’est loin d’être gagné. Je suis supposé improviser la mélodie chant, mais rien ne vient.

Au lieu de ça, je me chope de la fièvre, sans doute à cause des 12 tasses de café recuit que j’ai avalées, mauvaise idée… J’ai aussi l’impression que je perds du terrain dans l’affaire Suzan: on avait un si bon feeling hier elle et moi, mais aujourd’hui, on dirait que c’est Séba qui occupe la première place sur le podium! Boh, pas si grave après tout…

Je décide d’aller me coucher. Mike me file un Advil, une pilule bleue style Matrix, l’équivalent du Dafalgan outre Atlantique, et je m’enferme dans ma prison en bloquant la porte comme je peux avec la fameuse boîte de conserve. Demain est un autre jour.