Winnipeg toujours…

Réveil aux aurores, le genre de truc qui met de bonne humeur. Une tasse de café, une banane, un bol de céréales, et j’attaque ma journée. Toute la petite marmaille de l’auberge est encore endormie, le moment est parfait pour s’installer derrière son écran et avancer un peu sur son blog.

Faudrait pas que j’oublie que si je me suis grouillé de pédaler pour arriver tôt à Winnipeg, c’est de un pour avoir le temps de m’organiser pour la suite de voyage, et de deux pour rattraper mon retard sur le site avant de partir pour les States. Il me reste 2 jours, l’objectif paraît raisonnable, mais on sait jamais… Tout ceux qui ont voyagé et sont restés dans une auberge de jeunesse sympa savent ô combien l’ambiance y est improductive, voire limite paresseuse.

C’est Alan qui descend le premier, tout fringant et prêt pour la cérémonie. Il vient juste fumer une dernière clope avant de se passer la corde au cou m’avoue-t-il. Je me dis qu’il devait être un peu bourré hier soir quand il m’a demandé d’être témoin, car il n’aborde plus le sujet ce matin… Et c’est tant mieux!

Je reste derrière mon écran toute la matinée, rejoint par Yan, un chinois de Shanghai qui étudie pour un an au Canada, un gars malin, posé et convaincant : il parviendra presque à me convertir à ses idées communistes.

Séba émerge à son tour. Il a prévu de visiter le musée du Manitoba et me propose de l’accompagner. Pourquoi pas après tout? On s’y rend à pied, en suivant l’itinéraire conseillé par Bill qui passe par les Forks, un parc sympa le long de la rivière. Le musée est bien, sans plus. Comme dit Séba, on sent qu’ils ont fait de leur mieux.

La fin de l’aprem se passe dans le même esprit que la matinée, derrière les écrans d’ordi dans le salon, à bosser sur nos blogs respectifs tout en se faisant découvrir de la zig. Un bon moment!

La soirée commence quand George rentre du boulot. Il a posé du roofing toute la journée, et a besoin de décompresser. C’est vrai que ses bras sont gros, tellement gros qu’on pourrait croire qu’ils vont exploser. Alan et Nela reviennent peu après, la bague au doigt et un pack de bières sous le bras. Ca sent bon la petite soirée improvisée tout ça… Suzan, elle, ne viendra pas, elle passe la soirée avec des amis près d’un lac à 2h de Winnipeg (comprendre par là 200km), sont fous ces ricains!

On descend les bières, puis une bouteille de rouge, avant de partir à la recherche de munitions avec Alan et Séba. Pas facile de trouver de l’alcool dans ce pays. Le seul liquor store du coin ressemble à un douteux coffeshop hollandais, avec un dealer à la sale gueule derrière des barreaux, qui n’accepte de délivrer le savant produit qu’avec parcimonie et après avoir vérifié et scanné les cartes d’identité de chacun.

Mais la soirée se passe super bien, tout le monde est maintenant réuni dans le salon, assis dans les canapés, à discuter en vrac et à rigoler des histoires de l’un, puis de l’autre. On est une bonne petite équipe : Enda, Séba, Estelle une française qui vient d’arriver, Nela, Alan, un gros coréen pas beau (qui déserrera pas les dents sauf pour boire à l’oeil), George, Mike et last but not least… Bill.

C’est que c’est tout un personnage le Bill!  Et, pour ne rien gâcher, un personnage que la bibine rend plutôt loquace. On apprend qu’il a écrit un bouquin il y a peu, « The true intrepid », qui a servi de base au nouveau James Bond. Ca raconte l’histoire vraie d’un espion de Winnipeg dans les fifties. Il est à fond dedans, passe ses journées à enquêter, et à retrouver la vérité cachée par ceux qui… Puis, l’alcool aidant, il enchaîne sur le sujet « théories de conspiration » et « sociétés secrètes »…

Apres un long débat qui manque de tourner à vinaigre sur le sujet, on s’apprête tous à aller dormir. Je reste seul dans le salon, un peu bourré, un peu énervé par le débat qui vient d’avoir lieu, avec l’intention d’écrire  un peu sur le sujet… Mais c’est sans compter sur Mike qui débarque : il a oublié de faire son lit, toutes ses affaires sont dessus, et pour ne pas réveiller les autres du dortoir, il va, dans sa grande bonté, emprunter le canapé du salon pour la nuit, un saint. Je décide donc de retourner à ma boîte de conserve où je m’endors comme une masse, la gueule sur le clavier, après avoir tapé 3 phrases sans aucun sens.